‹ Œuvres complètes: suivies d'un choix der poésies de ses disciplesChapitre 81 sur 106 · DE MALLEPAYE ET DE BAILLEVENT · texte numérisé non relu

DE MALLEPAYE ET DE BAILLEVENT

M. Hée, Monsieur de BaîUevent! B. Quôy De neuf? M. On nous tient en aboy, Comme despourveuz, malureux.

B. Si j avoye autant. que je doy.

Sang bieu ! je seroye chez le Roy, Un page après moy ! M. Voire deuxî

B. Nous sommes francs... M. Adventureux.

B. Riches. M. Bien aises. B. Plantureux.

M. Voire, de souhaits. B. C'est assez.

M.Gentilz hommes. B.Hardis. M. Et preux.

B. Par l'huys. M. Du joly Souffreteux Héritiers. B. De gaiges cassez,

M . Nous sommes, puis troys ans passez

Si minces. B. Si mal compassez.

M, Si simples. B. Legiers comme vent.

>âSIES ATTRIBUÉES A VILLON. l6s

esbaudiz. B. Si mal pansez, iner pour Dieu dispensez, )us jeusnons assez souvent.

le, monsieur de Baillevent,

îult trouver, soubz quelque amant,

ou trojs mille escus, quel proye !

us ferions bruyt. M. Toutallement,

quartier en vault Tarpent,

îu! Monsieur de Mallepaye!

scripz contre ces murs. B. Je raye, le charbon et puis de craye.

raille. B. Je tays chère à tous.

>us avons beau coucher en raye, lie au vent, la gueuUe baye, faict point prochas de nous.

las ! serons-nous jamais soulx?

ne fault que deux ou trois coups lous remonter. B. Doux. M. Droictz.

'B. Druz.

ur fringuer. B. Pour porter le houx, ns... B. A dire : D'ond venez- vous?

ancs. B. Fins. M. Froidz. B. Forts.

M. Grans. B. Gros. M. Escreuz.

serjens sommes tous recreux, l'avons nulz bien acreuz.

)us debvons. B. On nous doibt.

M. Fourraige.

tretenus. M. Comme poux creux.

*ons sang bieu, nous serons creuz :

«1 piettons de village!

i66 PP^Sfpi^

M. Ne suis-je pas bequ pôrspnnftig??

B. J'ay train dç seigneur, M* P^isBe t^ffi* B. Ressourdai^t. M. Cpn^me bel filiin.

B. Pathelin en main. M. Dire raige.

B. Et, par la mort bieii! c'e^t dqflaqswge»

Que ne mettons vilains en rufl.

M. Hée! cinq cens escus! B. Cest esgniï^* M. Quand j'en ay j'en offre à cbascun, Et suis bien aise quand j'en preste.

B. Mes rentes sont sur le commun ; M. Mais ppvres gens n'en ont pas ung^ B. J'y romproye pour i|éant la teste.

M. S'il povoyt venir quelque enquesfe.

Quelque mandement ou requeste,

Ou quelque bonne commission !

B. Mais en c^uelque banquet bon i^este.

Faire accroire à cest ou à ceste

La Pragmatique Sanction 1

M. Et si elle y croit? B. Promision.

M. Se elle promet? B. Monitinn.

M. Seon l'admoneste? B. Qu'on marchande-.

M. Se on faict marché? B. Fruictipn.

M. Se on fruict? B. La Pétition En façon de belle demande

D'ung beau cent escus. M. QueUe vianfl^ B. Qui l'auroit quand on la demande, Onferoit... M. Quoi? B. Feu. M. Sair»»^

Jehan, voire!

B. On tauxeroit biei> grosse amende

Sur le faîct de ceste demande, Se j'en quictoye le petitoire.

M. Quel bien! B. Quel heur! M. Quel ac- B. Je me raffroichiz la mémoire [cessoirej Quand il m'en souvient, M. Quel plaisir!

B. Se on nous bailloit par inventoire Deux mil escuz en une armoire, Hz n'auroient garde d'y moysir,

M. Qui peut prendre! B, Qui peut choisir!

M. Gaigner! B. Espargnerî M. Se saisir!

Nous serions partout bienvenuz.

B.Ung songe! M. Mais quel? B. De plaisir»

M. Nous prendrons si bien le loisir De compter ne sçay quantz escuz.

B. Nous sommes bien entretenuz.

M, Aymez. B. Portez. M. Et soustenqz.,,

B. De nos parens. M. De bonne race.

B. Rentes assez et revenuz,

Et s'a présent n'en avons nulz,

Ce n'est que malheur qui nous chasse,

M. Je n'en fais compte. B. Je raimasse.

M. Je voile par coups. B. Je tracasse, Puis au poil et puis à la plume.

M. Je gaudis, et si je rimasse, Que voulez- vous! Il ne tient qu'à ce Qjae je ne l'ay pas de coustume.

B. D'honneur assez. M. Chascun en hume.

B. Je destains le feu. M. Je l'allume.

B. Je m'esbas. M. Je passe mon dueil.

B. Le plus souvent, quand je me fume, Je batteroye comme fer d'enclume, Si je me trouvoye tout seul.

M. Je ris. B. Je bave sur mon sueil.

M. Je donne à quelqu'une ung guin d'oeil.

B. Je m'esbas à je ne sçay quoy.

M. J'entretiens. B. Je fais bel accueil.

M, On me fait tout ce que je vueil, Quand nous sommes mon paige et moy.

B. Je ne demande qu'avoir dequoy, Belle amye, et vivre à requoy, Faire tousjours bonne entreprise, Belles armes, loyal au Roy.

M. Mais trois pôulx rem pans en aboy Pour le gibier de la chemise!

B. Je porteroye pour ma devise

La marguerite en or assise

Et le houx partout estandu.

M. Vosire cry, quel? B. Nouvelle guise.

M. Riens en recepte, tant en mise,

Et, toute somme, item perdu.

B. Je vous seroye, au résidu,

Gorgias sur lè( hault verdi

Le bel estomac d'alouette.

M. Robbe! B. De gris blanc, gris perdu.

Bien emprunté et mal rendu,

Payé d'une belle estiquette.

M. Puis la chaîne d'or, la baguette,

Le lacqs de soye, la cornette...

B. De velours. M. C'est bel affiquet.

B. Quand nous aurions fait nostre empiète,

La porte seroit bien estroicte

Se ne passions jusqu'au ticquet.

M. Nectelet. B. Gorgias. M. Friquet.

B. De vert? M. Tousjours quelque bouquet.

B. Selon la saison de Tannée.

M. Et de paige? B. Quelque naquet.

M. S'il vient hasart en ung banquet?

B, Le prendre entre bond et voilée.

M. AuxsurvenansPB. Chère meslée.

M. Aux povres duppes? B. La havée.

M. Et aux rustes? JB. Le jobelin.

M. Aux mignons de court? B. L'accollée.

M. Aux gens de mesmes? B. La risée.

M. Et aux ouvriers? B. Le pathelin.

M. D'entretenir? B. Damoîselin.

M. Et saluer? B. Bas comme lin.

M. Et diviser? B. Motz tous nouveaulx.

Pour contenter le femynin.

Nous ferions plus d'ung esclin Qu'ung ajultre de quinze royaulx.

M. Hée, cueurs joyeux! B. Hée, cueurs

loyaulx!

M, Prests. B. Prins. M. Prompts. B. Preux.

M. Especiaulx.

B. Aymez. M., Supportez. B. Bien receuz.

M. Nous devrions passer aux sceaulx

Envers les officiers royavil:!^, Comme messieurs les despourvçuz.

B. De congnoissance bien pourveua Et de sagesse. M. On nous a veuz Si gentilz et si francs. B. Si doulx.

M. Helas! cent escqz nous sont deqbz, B. Au fort, si nous les eussions euz, On en tint plus compte de nous.

M, Nous avons faict plaisir à tous.

B. Chère à dire : D'ond venez- vous? M. Esmerillonnez. B. Advenans.

M. Cent escus, et juger des coups.

On auroit beau mettre aux deui^ boi^ts, Se nous ne tenions des gaignans.

B. Nous sommes deux si beaulx gallans.

M. Fringans. B, Bruyans. M. Ailans. B M. Esmeuz de franche volunté. [Parlons.

B. Aagez de sens. M. Et jeunes d'ans, B. Bien gays. M. Assez rescéans.

B. Povres d'argent. M. Prou de santé.

B. Chascun de nous est habité.

M. Maison à Paris. B. Bien monté.

Aussi bien aux champs qu'en la ville.

M. Il y a ceste qialheurté Que de l'argent qu'avons preste Nous n'en arrons ne croix ne pille.

B. Où sont les cens et deux cens miHe Escus que nous avions en pile.

Quand chascun avoit bien du sien?

M. Au fort, se nous ti'en avons inille, Nous sommes, selon l'Évangile, Des bienheureux du temps ancien.

B. J'aymasse mieulx qu'il n*en fust rien.

M. Trouvons en par quelque moyep.

B. Qui en a à présent.'' M. Je np sçay.

B. Hé, ung engin parisien...

M. Art lombard. É. Franc praticien, Pour feiré à présent ung essay I .

M. Je vis le temps que j'avançay L'argent de chose, et adressay Tel et tel et tel bénéfice.

JB. Et, pour moy, quand je compassé Monseigneur tel, et pourchassé Moy mesmes tout seul son office.

M. J'estoîs tousîours à tous propice;

Mais je crains. B. Et quoy? M. Qu'avarice

Nous surprint, si devenions riches.

B. Riches, quoi ! Geste faulce lisse,

Pouvreté, nous tient en sa lice.

M. C'est ce qui nous faict estre chiches.

B. Nous pommes legiers. M. Comme biches.

B. Rebondis... M. Comme belles miches.

B. Et frajsés... M. Comme beaulx ônsnons.

B. Aussi coustelez. M . Comme chicnes.

B. Adventureux. M. Comme Sûysses A Nancy, sur les Bourguygnons.

B. Entre les gallans. M. Compaignons.

172 POâSlES

B. Entre les gorgias. M. Mignons.

B. Entre gens d'armes. M. Courageux.

B. S'on barguigne. M. Nous barguignons.

B. Heureulx. M. Gomme beaux champi- Mis sus en ung jour ou en cleux. [gnons.

B. Nous sommes les adventureux Despourveuz. M. D'argent. B. Plantureux.

M. De nouvelles plaisantes. B. Tant.

M. Pour servir princes. B. Curieux.

M. Et pour les mignons. B. Gracieux.

M. Et pour le commun. B. Tant à tant.

M. Hée, monsieur de Baillevent, Quand reviendra le bon temps?

B. Quand chascun aura ses souhaits.

M. Cent mille escus argent comptant, Sur ma foy, je seroye content Qu^on ne parlast plus que de paix.

B. Nous sommes si francs. M. Si parfaits.

B. Si sçavans. M. Si cauts en nos faiz.

B. Si bien nez. M. Si preux. B. Si hardis.

M. Saiges. B. Subtilz. M. Advisez. B. Mais Faulte d^argent et les grans prestz...

M. Nous ont ung peu appailiardis.

B. Abandonnez. M. Comme hardis.

B. Requis. M. Comme les gras mardis.

B. Et fiers. M. Comme ung beau pet en

baing.

B, J'ay dueil que vieulx villains tarnys

Soient d'or et d'argent si garnis, Et mignons en ont tant besoing.

M. Nous avons froid, B. Chauld. M. Faim,

B. Soif M. Soing.

B. Nous tracassons. M. Çà. B. Là. M. Près.

B. Loing.

M. Sans prouffit. B, Sans quelque advan-

taige.

M. Mais, s'on nous fonçoit or au poing, Nous serions pour faire à ung coing Nostre prouffit d'aultruy dommage.

Avez-vous tousjours Therîtaige De Baillevent? B. Ouy. M. Penraige Qu'en Mallepaye n'a vins, blez, grains.

B. Cent francs de rente et ung fiomaige, Vous m'orriez dire de couraige :

Vive le roy! M. Ronfflez, villains!

B. Qui a le vent? M. Joyéulx mondains.

B. Gré de dames? M. Amoureux craints.

B. Et l'argent, qui? M. Qui plus embource.

B, Qu'est-ce d'entre nous courtissains ? M. Nous prenons escus pour douzains, Franchement, et bourse pour bource.

B. Ha! Monseigneur! M. Sang bieu, la

mousse M'a trop cousté.B. Et pourquoy? M . Pource.

B. Hay ! hay! tout est mal compassé.

M .Comment ? B. On ne joue plus du poulce.

M. Qui ne tire. B. Quicte la trousse; Autant vauldroit ung arc cassé.

M. Monsieur mon père eust amassé Plus d'escus qu'on eust entasse En ung hospital de vermine.

B. Mais nous avons fei bietl sassé.

Le sang bieu ! que tout est passé, Gros et menu, par l'estamyne.

M. Si vient guerre, mort ou famine, Dont Dieu nous gard, quel train, quel myne Ferons nous pour gaigner le brdust?

B. Quant à moy, je me deterniine D'entrer chez voisiîi et voisine Et d'aller voir si le pot bout.

M. Mais regardons, à peu de coiist.

Quel train nous vieridroit mieiilx âgotist Pour amasser biens et honileurs.

B. Le meilleur est prendre partout.

M. De rendre, quoy? B. On s'en absoult.

Pour cinq solz, à ces pardonneurs.

M. Allons servir quelques seigneurs.

B. Aucuns sont si petitz d'honneurs Qu'on n'y a que peine et meschancè.

M. Et prouffit, quel? B. Selons les heurs; Mais entre nous, fins estradeurs, Il nous fault esplucher la chance.

M. Servons marchans pour la pitance,-

Pour fructus venîris, pour la pance,

B. On y gaigneroit ses despens.

M. Et de foncer? B. Bonne asseurance,

Petite foy, large conscience;

Tu n'y scez riens et y aprens.

ATTRIBUEES A VILLON. Ifj

M. De procès, quby? B. Si je m'y fetis.

Je veulx estre mis sur les rangs,

S'ilz ont argent, si je n'en crocque.

M. Quek gens sont-ce? B. Gros marché-

Qui se font bien servir des gens; . [seilS,

Mais de payer, qiierez qui bloqile !

M. Offidel-s, quoi? C'est tôiite liioeqtie !

L'ung pourchasse, Tàutre deslroqiie, Et semble que tout soit pour eulx.

B. Laissons-les là. M. Ho! je ri'y tocqué^ Il n*est point de pire défroque Que de malheur à malheureux.

B. Pour despourveuz adventureux Comme nous, encor c est le mieulx De faire l'ost et les gens d'armes.

M. En fuite je suis coUraigelix.

B. Et à frapper? M. Je suis piteux; Je crains trop les coups, pour les àiritiës.

B. Servons donc Cordeliers ou Carmes,

Et prenons leurs bissacs à fermes,

Car il n'y a pas grand débit.

M. Hz nous prescheroient en beauix termes,

Et pleureroyent maintes lermes

Devaat que nous prinssions l'habit.

B. Se en cest malheur et labit Nous mourions, par quelque acabit.

Ame n'y a qui bien nous face.

M, J'ay ung vieil harnoys qu'on forbit.

Sur lequel je fonde ung oblt, Et du surplus, Dieu le parface!

B. Hée, £iult-il que Fortune efface Nostre bon bruyt? M. Malheur nous chasse; Mais il n'a nul bien qui n'endure, [trasse.

B. Prenons quelqi^e train. M. Suyvons B. Nous trassons, et quelqu'un nous trasse :

A loups ravis grosse pasture.

M. Allons! B. Mais oîi? M, A Tadventure.

B. Qui nous admoneste? M, Nature.

B. Pour aller? M. Où on nous attend.

B. Par quel chemin? M. Parsoing ou cure.

B. Logez où? M, Près de la clousture De monsieur d*Angoulevent.

B. Comment yrons? M. Jusqu'à Claqdent

Et passerons par Mallepaye.

B. ferief, c'est le plus expédient Que nous jetons la plume au vent :

Qui ne peult mordre, si abaye.

M. Où ung franc couraige s'employa, Il treuve à gaigner. B. Querons proye.

M.Desquelz serons-nous? B. Des plus forts.

M. Il ne m'en chault, mais que j'en aye, Que la plume au vent on envoyé.

B. Puis après? M. Alors comme alors,

B. La plume au vent! M. Sus. B. Là.

M. Dehors 1

B. Au hault et au loing. M. Corps pour Je me tiendray des mieulx venuz. [corps, B. On n'yra point, quand serons mors, Demander au roy les trésors De messieurs les despourveuz.

La plume au vent! M. Je le concluz.

Pour les povres de ceste année.

B. Ne demeurons plus si confuz.

Au grat, la terre est dégelée!

M. Allons, suyvons quelque traînée.

JDevant! vostre fièvre est tremblée, Car nous sommes tous estourdiz, B. Dieu doint aux riches bonne année!

M. Aux despourveuz grasse journée!

B. Et aux femmes pesans mariz!

Prenez en gré, grans et petiz.

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