‹ Œuvres complètes. tome dixièmeChapitre 189 sur 198 · L. 22-24. — (Actes des apôtres, IX · texte numérisé non relu

L. 22-24. — (Actes des apôtres, IX

P. 83 1 1. 23-31. — Ce récit se trouve non pas dans une lettre d'Eusebios à Libanios, mais dans un récit d'Eusebios à Julien, rapporté par Eunapios dans sa Vie de Maximos. Après ce récit, Eusebios aurait essayé de détourner Julien d'une telle magie, et c'est alors que Julien a prononcé les paroles mises dans sa bouche par Ibsen p. 85, 1. 24-25. Ibsen a pris et traduit librement tout ce passage d'Eunapios d’après Neander, Allg. Gesch. , p. 55, note. Il aurait pu le prendre aussi dans Br., III, pp. 280-281. Les autres historiens ne donnent guère plus que le mot de Julien. La ® grande assemblée de partisans et d’adversaires » est une modification d'Ibsen.

P. 84 , 1. 23 et suiv. — Aucun des auteurs lus par Ibsen n’avait marqué la différence des idées de Maximos et de Libanios aussi fortement que Neander, qui prétend qu’ils représentaient deux partis en opposition dans l'école platonicienne (A II g. Gesch. , III, p. 54). C'est là probablement qu Ibsen a pris l'idée de cette scène, sans que la réplique, toutefois, emprunte rien au théologien. Elle est composée pour amener le mot historique : « Reste avec tes livres!... »

NOTES 603

P. c?5, 1. 8-9. — Ne regimbe pas contre l’aiguillon. (Actes des apôtres, IX, 5). Ibsen avait aussi rencontré cette expression dans Br.

L. 30. — Ce n'est pas Basile, mais Grégoire, qui a écrit plus tard, en rappelant le temps où il avait connu Julien à Athènes : « Et je me disais : Quel monstre Rome nourrit-elle ici? » (Br., III, p. 287).

P. 86 , 1. 8. — Le chambellan de Julien, Eutherios, était un eunuque de la cour de Constance, que l'empereur plaça près de Julien lorsqu'il le fit César (A. M., XVI, 7). Julien ne l’avait donc pas encore au moment où se passe l'acte d'Ephèse. A. M, fait d’Eutherios un très vif éloge^ mais Ibsen ne lui attribue qu'un rôle effacé.

L. 8-9. — Invention d’Ibsen : Basile et Grégoire n’ont pas revu Julien après leur séjour à Athènes.

P. 88 y 1. 8-19. — Cette vision ou ce rêve de Julien paraît être une invention d'Ibesn.

P. 90 y 1. 6-17. — Fait exact et mentionné par divers auteurs, notamment Br., III, p. 276. Mais Ibsen a évité de noter qu'Aezios était arien.

P. 90 } 1. 23-24. — Ce jeu de mots sur le nom de Maximos paraît appartenir à Ibsen.

P. 91 y 1. 16-30. — Paulus Svendsen ( Edda , 1930) a signalé un fragment de Plutarque « Sur l’âme » (Œuvres mêlées de Plutarque, trad. E. Cl vier, VI, pp. 316-317), dont Ibsen a pu lire la traduction danoise dans V Ethique chrétienne de Martensen. Il paraît assez probable, en effet, qu’Ibsen a eu ce livre entre les mains, et le passage de Plutarque, où est décrite l’initiation aux mystères, n’est pas sans quelque analogie avec la réplique de Julien. Toutefois les quatre hellénistes que j'ai consultés ont été d'accord pour croire que le texte d'Ibsen ne provenait pas de Plutarque. Mais aucun d'eux n'a pu me proposer un autre texte ancien qu’Ibsen aurait plus ou moins suivi. Je crois qu'Ibsen a imaginé le « chemin qui conduit à la grande splendeur », ce qui me paraît confirmé par la façon dont il s’y achemine dans une note de l’un de ses manuscrits (p. 446).

P. 92 y 1, 8-26. — Cette vision de Julien paraît aussi être de l’invention d'Ibsen.

L. 30. — Ce qui estt n’est pas , et ce qui n’est pasy est. Cette formule

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est peut-être, dans tout le drame, celle qui a donné lieu aux interprétations les plus variées. On y a vu du Schopenhauer, une forme d'esthéticisme danois, du manichéisme, l'essence de la doctrine des Éléatesi et du néoplatonisme. J'y vois surtout le goût d'Ibsen pour le paradoxe. L'idée hégélienne de la réalité des idées, par opposition au monde de la réalité matérielle pouvait conduire à une telle formule un disciple de J. L. Heiberg, et Ibsen a pu se plaire à l'écrire sans y attacher un sens précis.

P. 93 y 1. 23. P. 94, 1. 6. — L'histoire de la robe de pourpre fabriquée à Tyr (et non à Sidon) est dans A. M., XIV, 7 et 9, qui toutefois ne parle pas d'apparrtion.

P. 94, b 10-24. — Ibsen suit ici A. M., XIV, ii, sauf qu'il ajoute les précisions : « sept jours plus tard... trois semaines après... », et ne parle pas des inquiétudes de Gallos.

P- 95, b 15- — Eu quittant Athènes, « la réputation de Basile l’appelait à recueillir la succession de son père, qui avait tenu le premier rang dans le barreau de Césarée » (Br., IV, p. 187).

L. 17-18. — Exact, mais Grégoire ne l’aurait pas dit (V., par exemple, Br., IV, p. 192).

P. 96 , 1. 2. — (Strabon, XVII, 19).

L. 18-22. — « ils (les disciples d'Elkasaï) admettaient beaucoup de Christs, passant les uns dans les autres par une sorte de transmigration, ou plutôt un seul Christ, s'incarnant et paraissant au monde par intervalles. Jésus fut une de ces incarnations. Adam avait été la première» (Renan, Les Evangiles , pp. 457-458). Ibsen n'a pas connu ce volume de Renan, qui est de 1877, ni, sans doute, le livre de Saint Epiphane sur les hérésies, dont une édition allemande a paru à Leipzig en 1860. Il a problement été amené à ces idées par l'épître aux Corinthiens où il est question des deux Adam, et dont il s'était déjà souvenu en écrivant Brand. Et il a dû être encouragé à poursuivre ces réflexions à ce sujet en lisant un passage de Neander indiqué dans la note suivante.

L. 24. — la femme pure. — L'origine de cette idée est peut-être dans Neander, Allg. Ge$ch.y II, qui donne un ample exposé de la doctrine des gnostiques Valentiniens, d'après laquelle Dieu se manifeste par des émanations successives, dont le monde est la plus humble. Lorsque

NOTES 605

la dissolution de tout le monde matériel aura eu lieu, dit Naender, le Sotev sera uni à la Sophia, et il termine :

« Le démiurge se réjouit de l'apparition du Sotev , par laquelle se manifeste à lui un monde supérieur qui lui était jusqu'alors étranger, et aussi grâce à laquelle il peut, libéré de son service pénible, percevoir un écho de la splendeur du pleroma. Il est l’ami du fiancé (du Sotev) qui est présent, il l’écoute, et se réjouit de la voix du fiancé, se réjouit des noces accomplies. Jean Baptiste a prononcé ces paroles (Jean, III, 29) comme représentant du démiurge. »

Le verset de l’évangile de Jean dit en effet : « Celui qui a l'épouse est l'époux ; mais l’ami de l’époux, qui est présent et qui l'écoute, est ravi de joie d’entendre la voix de l'époux ; et c'est là ma joie qui est parfaite. » Ce verset ne pouvait guère suggérer par lui-même l’idée d’une épouse mystique promise à Julien. Il le pouvait avec l’interprétation Valentinienne. On peut observer qu'il y a dans toute la réplique de - Julien anticipation à la fois de la notion du troisième empire, que Maximos énoncera dans la scène suivante, et de l'avenir divin que Julien finira par se croire réservé dans la seconde partie.

Vers la fin de la première (p. 183) Julien appellera Marc Aurèle « l’époux couronné de la Sophia », expression singulière, car Ibsen n’emploie nulle part ailleurs ce mot. Il a eu vraisemblablement une réminiscence du passage de Neander qui avait attiré son attention.

P. ç7, 1. 8. — Est-ce que Moïse ne bégayait pas? (Exode , IV, 10, et VI, 12 et 30).

L. 8-10. — N'a-t-il pas fallu lui souteniv les mains,..? Le fait ne s'est pas produit au passage de la Mer Rouge, mais au combat de Josué à Rephidim (Exode, XVII, 11-12).

L. 13-15. — N'est-il pas tombé de sommeil...? ( Mathieu , VIII, 24).

L 15-16. — N'a-t-il pas fléchi sous la cvoix...? ( Mathieu , XXVII, 32 ; Mavc, XV, 21 ; Luc, XXIII, 26).

P. p<?, 1. 13-14. — si ce n'est pas pav toi et dans ta famille que... Cette phrase inachevée n'est qu’un reste affaibli de la demande formelle que Julien adresse à Basile avec insistance dans un manuscrit (p. 531). Je ne pense pas, d’ailleurs, qu’lbsen ait jamais pensé à donner à Makrina un rôle plus important. Il a seulement estimé que ceci, avec les propos échangés entre Basile et Julien à l’acte précédent, p. 77-79, suffisait

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pour justifier le rôle de Makrina aux deux derniers actes de la seconde partie. — Une quinzaine d'années après l'achèvement de son double drame, Ibsen déclara incidemment à William Archer : a Makrina est un personnage sans aucune importance, introduit simplement parce qu'il se trouve que Basile, en fait, avait une sœur qui s’appelait ainsi » (W. Archer, Ibsen as I knew him) p. 13).

P. 99 f 1. 1-4. — Vous ne connaissez que deux rues... (Br. III, p. 289-290; mais ce n'est pas dans Th.; Auer, p. 336). La première phrase est presque littérale. La dernière phrase inachevée est une transformation du texte original, qui est de Grégoire de Nazianze.

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