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Memnon le prend par le bras. — Viens, viens !

ŒUVRES DE DRESDE

Ek. — Avec Dieu... ou parmi les dieux; on ne sait trop.

Julian. — Ekebolios, ta doctrine est à double tranchant; elle m’a meurtri des deux côtés. Va, va ; cherche Gallus ; si tu flaires une mauvaise affaire...

Ek. — Mais la colère de l’empereur...

J. — Si tu aimes l’empereur, retiens sa main...

Ek. — Et toi...?

Julian. — J'attendrai ici; je ne m’écarte pas du côté de l’empereur. Va, va !

Ekebolios entre dans le palais.

Julian écoute devant V église. — Comme le chant résonne fort. L’empereur et tout le peuple en prière et en adoration. C'est comme des coups d’ailes de grands.

Ce manuscrit est sur une double feuille; sur la page marquée 1 est une première ébauche du commencement de l'acte d'Ëphèse , donc , écrite vers la fin de décembre 1870. Ibsen a dû s'interrompre pour rédiger un plan plus précis de cet acte , plan qui suit. Il contient le thème du poème « Judas », qui est de mars 1871.

TROISIÈME ACTE

(Éphèse. Salle éclairée dans la demeure du prince Julian ; l’entrée du vestibule est à droite ; à gauche, porte avec tenture, qui mène aux appartements.)

(Des serviteurs préparent le souper et disposent des coussins autour de la table. Le majordome est à l’entrée, se disputant avec Gregor et Nazianze et Basilius de Césarée.)

Le majordome. — Je dis que c’est impossible ce soir.

LES MANUSCRITS

Gregor. — Et je dis qu’il faut que nous parlions au prince.

Basil. — Nous sommes en voyage, l’ami. Lui-même nous a ordonné !...

Le maj. — Demain, demain, mes bons messieurs!

Le prince Julian regarde de la gauche . — Quel bruit est-ce là? Ne vous ai- je pas rigoureusement interdit...? Ah, que voisje? Vous deux à Éphèse? Soyez cordialement les bienvenus, vous, amis de mon âme.

Gregor. — Nous venons pour repartir.

Pr. J. — Où?

Gr. — En Cappadoce ; Basilius à Césarée et moi à Nazianze.

Pr. J. — Vous quittez donc Athènes pour toujours?

Basilius. — L'enseignement, à Athènes, prend un chemin que nous ne pouvons pas suivre, nous deux.

Pr. J • — Qu’est-ce que je disais ! Le reconnaissez-vous enfin? Oh, je l’ai dit, c’était vide et creux...

Gr. — Et ça, ici?

Pr. J. — Ne te moque pas de ce qui dépasse tes conceptions. Ici est la vérité...

Gr. — Nous ne voulions que te voir, comme tu l’as ordonné dans tes lettres. Adieu.

Pr. J. — Non, restez. Donc, vous rentrez chez vous, dans la chère Cappadoce. Et que voulez-vous y faire?

Gr. — Mon père est vieux, et manque de fermeté, sa situation comme évêque est difficile...

Pr. J. — Aha, tu veux l’appuyer...

Gr. — Le plus que je pourrai...

Pr. J. — Tu peux beaucoup, Gregor; tu es fort. Mais toi, Basilius...

Basil. — Je te souhaite cordialement de bien vivre et longtemps...

ŒUVRES DE DRESDE

Eutherius, majordome de Julian.

A ÉPHÉSE

Le majordome avec Gr. et Basil. Ceux-ci et le prince Julian. Il est heureux ; lui et Gallus gouverneront le monde ; signes et actions étranges ; Gr. lui reproche sa jouissance tranquille ; décrit la corruption de Rome ; atrocités de Gallus (Ammien 41 sqq), la mystérieuse commande de la robe de pourpre à Apollinaris de Sidon. Julian expose comment l'individu doit parcourir l'évolution de la race. Maximus révère le grand prophète galiléen ; cette nuit, il va révéler à Julian le dernier grand secret; Gr. et Basil sont invités à y assister; refus; Julian déclare que lorsqu’il aura pénétré jusqu'au fond de la science secrète il cherchera la solitude ; il demande la main de Makrina ; — il enverra une lettre par Basil ; celui-ci et Gr. sortent. — Julian et Maximus — le génie de l’empire est évoqué ; puis .les deux grands auxiliaires, qui ont le plus sacrifié. — Les envoyés de l'empereur arrivent ; Gallus est exécuté et Julian César ; les précédents, Basil et Gr.

N . B. Sa révélation s'est produite dans un rêve ; il était sur un navire en mer ; alors la mer devint transparente, puis disparut ; il vit le fond de la mer dans son horreur ; puis il leva les yeux en l'air et fut entraîné vers la splendeur céleste.

Il va parcourir les pays en signe de soumission ; puis il disparaîtra dans le désert comme ces fleuves qui entrent dans le sable et retournent à leur origine —

Si Jehova avait dit à Caïn : va, et sois le meurtrier de ton frère, et si Caïn avait répondu : Seigneur, faut -il que je perde mon âme, et si le Seigneur avait répondu : Fais ce que j'ordonne,

LES MANUSCRITS

— que serait-il arrivé? — Si le Seigneur avait dit à Judas : — J’ai besoin de toi pour trahir mon fils afin que l’œuvre puisse être accomplie, et si Judas était allé trahir son maître et perdre son âme par obéissance, — alors, quoi?

Voici la mise en œuvre exacte et complète du plan qui précède , et le manuscrit est sur le même papier que le précédent. Il doit être de janvier 1871. Ses divergences d'avec Vacte d'Éphèse définitif sont ici indiquées .

[Le questeur Leontius.]

TROISIÈME ACTE

(Éphèse. Salle éclairée dans la demeure du prince Julian ; l’entrée par le vestibule est à droite ; à gauche porte avec portière conduisant aux appartements.

Des serviteurs préparent le souper et disposent des coussins autour de la table. Le majordome est à l’entrée où Gregor de Nazianze et Basilios de Césarée viennent d’arriver.)

Le majordome. — Oui, oui, c’est bien ça ; mon noble maître vous attend.

Gr. — Impossible !

Basil. — Tu -plaisantes, l’ami ; comment peut-il nous attendre?

Gr. — Personne n'a su notre venue.

Le majord. — Lui l’a sue.

(Le prince Julian entre paré comme pour une fête ; vif et fortement ému.)

ŒUVRES DE DRESDE

Le prince Julian. — Ah, je vous vois! Merci de ce que vos pensées ont volé plus vite que vous !

Gr. — Julian!

Basil. — Mon ami et frère!

Gregor. — Mais explique-nous... ; tes serviteurs viennent à nous à la porte, veulent nous mener au bain, oindre nos cheveux... et nous orner de roses...

Pr. J. — Je vous ai préparé une fête. Je vous ai vus cette nuit ; là, à ma table, j'étais tombé de sommeil, fatigué d'écrire. Alors un coup de vent a traversé la maison, le rideau s'est écarté, j'ai vu dans la nuit au loin sur la mer ; j'ai entendu un chant délicieux ;... deux cygnes, d’un vol rapide, approchaient de la côte, là, ils ont descendu, leur plumage s'est réduit en une brume blanchâtre, et dans une douce lueur d'aube je vous ai vus tous deux.

Gr. — Tu as rêvé...

P. 89, 1. 3-6. — Manque .

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