‹ Œuvres complètes. tome douzième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 15 sur 82 · LE DROIT AU BONHEUR · texte numérisé non relu

LE DROIT AU BONHEUR

amené par sa propre logique, y répond, ou plutôt y fait répondre par Osvald, qui affirme hautement le droit au bonheur, et se trouve ainsi en parfait accord avec la pensée essentielle du philosophe anglais. Il n'est d'ailleurs guère douteux qu’Osvald exprime en cela l’idée d’Ibsen lui-même, si l’on considère l’ensemble de son œuvre ultérieure, où le droit au bonheur va s’affirmer avec une force progressive. Il y a là un tournant dans l’évolution de l’esprit d’Ibsen, bien que lui-même, attribuant à Osvald toute la responsabilité de cette conception nouvelle, ne se soit sans doute pas bien rendu compte du changement. La conception de la vie ainsi esquissée n’était d’ailleurs pas tellement nouvelle. Il avait opposé dans Empereur et Galilée7 la vie grecque, libre et heureuse, à la doctrine du renoncement chrétien, et il les avait admirées et condamnées à la fois toutes deux, ce qui était une façon de les adopter, — en vue d’une conciliation qu’il appelait le troisième empire.

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