‹ Œuvres complètes. tome douzième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 16 sur 82 · LA TEMPÊTE · texte numérisé non relu

LA TEMPÊTE

Ibsen s'attendait à ce que son drame ne fût pas accueilli sans résistance. Il en avait l'habitude. Il écrivait à son éditeur, quelques jours avant la parution du volume : « Les Revenants vont sans doute indigner les gens dans certains milieux ; mais il le faut. Si le drame n'avait pas cet effet, il n’aurait pas été nécessaire de l'écrire h » Mais Ibsen n'avait pas prévu quelle tempête il allait soulever.

Le volume parut le 12 décembre. Un premier article écrit le jour même voit dans la pièce une nouvelle preuve du don dramatique extraordinaire de l'auteur, mais la pensée y est confuse, et la pièce est au-dessous des précédentes à tous égards : clarté, profondeur, perfection de forme et intérêt du sujet. Le critique y revient deux jours après. Il a compris qu'Ibsen s'en prend à tous les usages sociaux, et que sa pensée superficielle et naïve est bien près d'être déshonnête 2 . Un autre journal trouve que dans Les Revenants le réalisme est devenu un naturalisme complètement païen 3 . Un autre dit la psychologie des personnages peu claire et contestable, l'impression choquante et révoltante. Ibsen n'a certainement « jamais à ce point manqué le but, et écrit probablement sans produire d'effet ». Et le même journal donne trois jours plus tard un nouvel article

1 Lettre à Hegel du 23 novembre 1881, L. C. Nielsen, op . cif., II, p. 355.

i Dagen, 13 et 25 décembre 1881.

3 Fœdrelandei , 17 décembre 1881.

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