‹ Œuvres complètes. tome douzième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 21 sur 82 · LA CRITIQUE SUÉDOISE · texte numérisé non relu

LA CRITIQUE SUÉDOISE

qu'aucun personnage ne parle au nom de l’auteur : il expose, au lecteur de réfléchir. En ceci elle a été sans doute guidée par une lettre écrite par Ibsen en lui envoyant un exemplaire de sa pièce, et où il disait qu'elle traite sous d’autres et nouvelles formes le même sujet que la plupart de ses œuvres, savoir « la libération intérieure de l'individu et l’assimilation de la vérité ». Seulement, la pensée fondamentale est ici mise en œuvre de façon négative, en montrant les effrayants tableaux du manque d’affranchissement et du mensonge. Il faut chercher la vérité dans la manifestation de son contraire. C'est une méthode d’une puissance singulière. « Cette force repose pourtant sur une faiblesse, et cette faiblesse s’appelle le doute : les gens ne sont plus touchés par l’arme éclatante de la vérité, et l'auteur ne les conduit peut-être pas avec une pleine assurance. » Mme Adlersparre ne souhaite pas que soit joué ce drame à beaucoup d’égards déplaisant, qui ne serait pas une jouissance, mais plutôt une souffrance, mais elle en remercie l’auteur, qui « veutnous inciter à devenir meilleurs, et par là plus heureux » l .

1 S. L-d Adlersparre, Ibsens Gengangere ur etisk synspunkt .

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