ROME ET SORRENTE
Ibsen s’installa au commencement de novembre Via Capo le Case, où il avait habité déjà, mais cette fois au numéro 75, non loin de la villa Borghèse l . C’était un grand appartement où il pouvait recevoir, et justement cette année-là la colonie Scandinave de Rome fut nombreuse et intéressante. Camilla Collett et Marie Colban, l’écrivain et pasteur Kristofer Janson, retour d’Amérique, le peintre norvégien Eilif Petersen étaient là, tous anciennes connaissances d’Ibsen. John Paulsen arriva en décembre, et L. Dietrichson, retour d’Égypte, en mars. Et la vie d’Ibsen fut toute différente de ce qu’elle avait été à Munich pendant l’année 1879-80, sans doute en partie parce qu’il se retrouvait dans un milieu Scandinave. Il lisait les journaux à l'Association Scandinave, y rencontrait tout le monde le samedi soir, et même se permettait, sans en avoir le droit, d’assister aux séances du comité et de prendre part aux discussions. Mais quand on lui proposa d’être membre du comité, il refusa, car il devait rester, disait-il, dans l'opposition 2 3 . Il causait volontiers, invitait parfois les gens à venir avec lui au café, recevait ses amis plus intimes à dîner, et même donnait
1 Cette partie de la rue s’appelle aujourd’hui via Crispi. En 1910 on a mis sur la maison habitée par Ibsen pendant son dernier séjour à Rome (1881-
1885) une plaque où il est dit qu’il y a écrit Brand et conçu Peer Gynt! (Note de H. Koht, Henrik Ibsen , eit diktar~liv, II. p. 185.)
3 Georg Pauli, Mina romerska aar , p. ni.