‹ Œuvres complètes. tome huitièmeChapitre 9 sur 148 · IBSEN MODÈLE DE PEER GYNT · texte numérisé non relu

IBSEN MODÈLE DE PEER GYNT

Mais qu* Ibsen ait pensé à lui-même ou non dans cet épisode, il est clair qu'il a servi de modèle à Peer Gynt, au moins par moments. Cela se voit avec évidence dans certains détails, par exemple, dans la seconde scène, où Peer Gynt devient amer, en pensant aux ricanements des gens derrière son dos. C’est exactement le souvenir qu'Ibsen a conservé des derniers temps de sa vie à Kristiania, et dont il parle, plus d'un an après, dans une lettre à Madgalene Thoresen *. Peer Gynt est peut-être la plus personnelle des œuvres d’Ibsen, je veux dire celle où il a mis le plus de lui-même. Aussi n’est-il pas étonnant qu'il y ait introduit son père, dans la personne de Jon Gynt, le père vaniteux qui se ruine par son faste, et sa mère. Pour celle-ci, qu'il serait plus difficile de reconnaître parce que l’on est moins renseigné sur elle, on a son témoignage : « Ce poème contient beaucoup de détails qui ont leur source dans ma propre jeunesse ; ma propre mère, avec les exagérations nécessaires, a servi de modèle à Aase ^ »

Mais, comme toujours, les modèles de Peer Gynt ont été nombreux. Botten Hansen a désigné Vinje. Il a pensé par moments à Ole Bull, à F. G. Lerche, politicien qu’il avait raillé en sa jeunesse ^ A Bjôrnson il a cité un certain Thorvald Moller, qui était à Rome et contait volontiers ses voyages agrémentés d’inventions fantastiques Et Brandès parle d’un hâbleur danois qui se disait ami du roi de Danemark, alla en Crête pour écrire une tragédie dans un décor favorable à l’inspiration, et revint mourir à Rome près d’Ibsen sans l'avoir composée

* Lettre du 3 décembre 1865, Brève, I, p. 103-104.

* Lettre du 28 octobre 1870 à Peter Hansen, ibid., p. 215. '* V. tome II, p. 2 75 -

* Francis Bull, Norsk Litteraiurhistorié, IV, pp. 360-361,

* Georg Brandes, Samiede Varker^ XVIII, pp. 126-127.

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