‹ Œuvres complètes. tome onzième, Les Drames modernesChapitre 132 sur 153 · TROISIÈME ACTE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ACTE

P. 527, 1. 2.-P. 528, 1. 15. — • Même salon. Une lampe est allumée sur la table du premier plan.

Mme Linde est assise près de la table et feuillette un livre distraitement ; elle essaie de lire, sans pouvoir fixer son attention ; elle tend deux fois l’oreille vers l’antichambre, l’esprit tendu ; elle regarde sa montre.

Madame Linde (sursautant). — Quoi! Déjà! Non, ce n’est pas...

(Nora entre en robe de soirée.)

Nora. — Comment ! Kristine, tu es là?

Madame Linde. — Oh ! c’est toi, Nora?

Nora. — Tu es là, Kristine?

Madame Linde. — Oui, j’avais envie de te voir habillée; mais je suis venue trop tard. Chez moi, il fait froid, et alors je suis restée.

Nora. • — Ah ! oui ; mais tu vas t’en aller...

Madame Linde. — Pourquoi?

Nora. — Oui, oui, tu vas t’en aller.

Madame Linde. — Tu rentres de si bonne heure de la soirée?

Nora. — Je ne pouvais pas y tenir ; l'air y était si lourd et chaud.

(Helmer arrive de l’antichambre.)

Helmer. — Mais, chère Nora, qu’est-ce que ça signifie? Tu quittes la soirée de si bonne heure? Et sans prendre congé? Ah ! bonsoir, madame.

Nora. — Oui, j'ai dû le faire. Je savais que Kristine était ici. Elle voulait voir ma nouvelle robe.

Helmer. — Bon, mais remonte ; il n’est tout de même pas convenable...

Nora. — Oui, oui, je monte pour chercher les enfants...

ÉBAUCHES ET VARIANTES

mais ensuite... oh! je ne peux pas rester longtemps là-haut, Thorvald; mais toi, tu resteras; tu danseras, tu t’amuseras... promets-le moi.

Helmer. — Oui, oui... viens toujours. Bonne nuit, madame Linde... excusez-nous.

Nora. — Bonne nuit, Kristine,... bonne nuit, adieu... tu ne vas pas rester là longtemps, avec tes mauvais yeux. Voilà, tu m’as vue habillée maintenant. N’est-ce pas, ce costume me va bien. Quand tu penseras à moi, souviens-toi de moi comme ça. Bonne nuit,., adieu, Kristine... adieu...

Madame Linde. — Bonne nuit, chère Nora.

Helmer. — Viens, viens, allons.

Nora. — Bonne nuit, adieu. (Helmer et Nora sortent par la porte d’entrée.)

Madame Linde (écoute un moment). — Quelle terrible angoisse. Et il ne le voit pas. Il ne comprend rien... Mais l’heure... Est-ce qu’il ne va pas... (Elle écoute.) Ah!... (Elle ouvre la porte de l’antichambre, on frappe doucement trois fois à la porte d’entrée. Krogstad entre.) Entrez. Il n’y a personne.

Krogstad. — Vous m’avez écrit. Qu’est-ce que cela signifie?

Madame Linde. — Oui, il le fallait ; chez moi c’était impossible... il n’y a personne ici.

P. 528, 1. 23. — Madame Linde. — Vous ne m’avez jamais comprise.

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