‹ Œuvres complètes. tome onzième, Les Drames modernesChapitre 20 sur 153 · HOMMAGE DES ÉTUDIANTS · texte numérisé non relu

HOMMAGE DES ÉTUDIANTS

à se laisser fêter » l 2. Le jeudi 10 septembre, le cortège des étudiants, avec les drapeaux de l’association et de la chorale, s’arrêta devant le domicile d’Ibsen, Pilestrædet, 7 ; le président, avec une délégation, monta chez lui, un chant composé tout exprès fut chanté, puis le poète descendit dans la rue, et lut le discours qu’il avait préparé ; le cortège défila ensuite pendant que le comité remontait chez Ibsen, où eut lieu une petite fête cordiale, avec des amis qu’il avait invités. Le soir, il assista à une représentation de VUnion des Jeunes , et il fut acclamé par un public enthousiaste. Quelques jours plus tard, il assista aussi à une représentation de La Comédie de V Amour.

Les derniers mots du discours prononcé par Ibsen contenaient une promesse dont il s’acquitta trois ans plus tard en adressant au comité de l’association un exemplaire des Soutiens de la Société avec cette dédicace :

Au comité de V association des Étudiants de Kvistiania.

Je me permets d’envoyer cet exemplaire de ma nouvelle pièce, que je vous prie d’accueillir amicalement comme Texpression du sentiment de gratitude avec lequel je me rappellerai toujours le bienveillant hommage qui me fut témoigné par l’association pendant mon dernier séjour au pays.

Avec mes sentiments distingués.

Henrik Ibsen.

Quelques jours plus tard, le 17 septembre, au banquet en l’honneur de l’expédition polaire autrichienne, il déclara blâmer vivement le ministre qui n’avait pas nommé Birkeland au poste de maire de Kristiansand, car Birkeland « y aurait été acquis à une participation active à la vie politique, grâce à un siège de député dans cette ville alors conservatrice » - . Il se peut que ceci soit une appréciation de celui qui rapporte le

1 Dr Fredrik B. Wallem, Det norske Studender samfund gfennem knndrede Aar, p. 683.

2 M. Birkeland, Historiske Skrifier, I, p. 65 de l’introduction historique par Fr. Ording.

fait du blâme, mais le fait demeure, et on voit Ibsen prenant parti pour Birkeland — contre le gouvernement. Et il prit également|parti pour son ami dans une discussion importante qui eut lieu ' au conseil municipal de Kristiania le 28 septembre1. Il quitta Kristiania le lendemain 29, avec sa femme et son fils, pour aller à Stockholm en compagnie du professeur Olaf Rygh — encore un « Hollandais » — qui se rendait à un congrès archéologique. Puis il revint à Dresde. Le mois qu'il avait compté passer à Kristiania s'était étendu à deux et demi.

Il s'est évidemment laissé accaparer très volontiers par ses amis « hollandais », et il a été constamment avec eux. Bjôrnson était en Italie. Le? cortège des étudiants mis à part, on n'est renseigné sur le séjour d'Ibsen que par les « Hollandais ». Jonas Lie, cependant, l’a rencontré, et il écrit à Bjornson : « Ibsen est en ville et court les réunions de société. J'ai causé avec lui plusieurs fois. Il est devenu un monsieur dont les opinions et la personne ont des formes assurées, et qui donne entièrement, il me semble, dans les doctrines sociales et autoritaires à la Bismarck 2. » Ibsen était décidément rallié à la société qu'il avait trouvée, peu d'années auparavant, « bien ordonnée jusqu'à en être ennuyeuse. » Il s'y était rallié surtout à cause de l'unité allemande réalisée après l'unité italienne, en attendant l'union Scandinave, qu'il concevait de plus en plus comme une unité, comme on le voit par la phrase qu'il a écrite dans l'album d'une actrice suédoise, Hedvig Winterhjelm, qui venait d'épouser un journaliste norvégien, et joua pendant tout le séjour d'Ibsen à Kristiania :

Kristiania, 26 septembre 1874.

Être messagère d’une nouvelle forme de beauté entre les frères encore séparés, c’est apporter sans bruit sa pierre à un édifice en construction.

Fr. Ording, Del lœrde Holland , p. 242.

Lettre du 4 septembre, Jonas Lie og hans samtidige , p. 94.

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