‹ Œuvres complètes. tome onzième, Les Drames modernesChapitre 30 sur 153 · LES MANUSCRITS · texte numérisé non relu

LES MANUSCRITS

mais avec des passages biffés après coup, p. 343) du premier acte. Et c’est encore le commencement du premier acte que Ton a dans les manuscrits suivants, X et XI, presque identiques, sauf en ce que le premier ne contient pas la scène entre Krap et Aune, peut-être parce que cette scène n’avait pas besoin d’être refaite. Ces manuscrits V à VII, X et XI, sont les seuls que l’on ait pour la période février 1876-mars 1877. Cette lenteur s’explique un peu par le dérangement du voyage à Berlin pour les représentations de la troupe de Meiningen, qui ont obligé Ibsen à retarder « l’achèvement » de sa pièce, comme il l’écrit de Kaltern en Tyrol ; mais « à mon retour à Munich au commencement du mois prochain, j'ai l’intention d’y mettre la dernière main b » Il se mit en effet à « travailler sérieusement » tout l’hiver, et ne parut plus aux réunions du matin au restaurant Achatz1 2. Il est probable que des ébauches des trois derniers actes de la pièce sont perdues.

Cependant il n’était pas satisfait, et en mars 1877, il se mit à la récrire entièrement. On n’a de cet ultime brouillon (Ms XII, p. 358) que le commencement et la fin : deux cahiers numérotés 1 et 2, et deux cahiers numérotés 9 et 10. Le cahier 1 porte la date : 14 mars 1877, et le cahier 10, à sa dernière page, la date : 15 juin 1877. Le titre et la liste des personnages sont sur deux feuillets ajoutés après coup au cahier 1. Enfin, on a la mise au net définitive, où je n’ai pas relevé quelques variantes insignifiantes. Ibsen envoya un premier paquet à Hegel le 29 juillet et annonça que tout serait envoyé dans les quinze jours3.

On peut suivre ainsi de manuscrit en manuscrit la disparition des personnages inutiles comme Mme Bernick mère, le vieux Tônnesen, l'accentuation de la sévérité des bourgeois de la petite ville à l’égard de Lona Hessel et de Johan Tônnesen,

1 Lettre à Hegel du 15 septembre 1876, Breve, II, p. 41.

2 L. Dietrichson, Svundne Tider , I, p. 359.

3 L. C. Nielsen, op. cit.f II, p. 328.

la naissance tardive de l'idée d'une réparation superficielle de YIndian Girl , la promotion de Mlle Bernick d'employée du télégraphe à maîtresse d'école, le grandissement progressif du personnage de Bernick, et l'introduction dans le dernier brouillon des histoires de Dina Dorf et de Lona Hessel. Mais on ne saurait affirmer à quel moment a été inventée la confession publique de Bernick 1 .

1 J’ai négligé la question des variations d’Ibsen sur le nombre d’actes de sa pièce, car un simple lapsus, comme H. Koht incline à le penser, me paraît probable : Ibsen avait d’abord vu sa pièce en trois actes, en 1870, lorsque la fable était encore peu nourrie; en 1875-1877, il paraît bien l’avoir vue constamment en quatre actes.

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