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ses vêtements. II en a conservé longtemps l’habitude de recoudre ses boutons et de cirer ses chaussures Il s’intéressait à la technique des métiers, et avait la prétention de connaître la manœuvre d’un vaisseau1 2. Il s’arrêtait volontiers à causer avec un artisan et à lui parler de son métier. On raconte qu’un jour, ayant observé un cordonnier au travail, il lui dit qu’autrefois on faisait cela de telle et telle façon, et que le cordonnier, lorsque Ibsen le quitta, se leva pour saluer cet homme qui lui paraissait un ancien confrère3. A Dresde, il étonne l’historien d’art Julius Lange à la fois par son incompétence en peinture, et par sa compétence sur la fabrication de la bière4. En chemin de fer, comme un voyageur, qui était chapelier, l’ennuyait à parler littérature, Ibsen se mit à parler chapeaux, et l’homme fut tout surpris de le voir si bien au fait5.
Certes, on peut dire, en un certain sens, qu’ Ibsen était socialiste, et, en ce sens, il l’était profondément, beaucoup plus que la plupart des théoriciens et des politiciens du socialisme. Il avait une sympathie naturelle pour les travailleurs manuels, mais le parti socialiste et son action n’étaient pas son affaire. Il n’en souffle pas mot dans ses lettres « révolutionnaires » à Brandès de 1870-71.
L’Union des Jeunes et Les Soutiens de la Société sont les deux seules pièces où il parle des relations entre le patronat et les prolétaires, et ces deux pièces forment, en quelque sorte, un dyptique. Ibsen annonçait la seconde à Hegel comme un pendant (modstykke) à la première. Le mot peut signifier aussi contre-partie, mais je crois que « pendant » est la bonne traduction. En tout cas, les deux sont à considérer ensemble. La scène de Monsen avec Bratsberg est à rapprocher des scènes
1 Raconté par John Paulsen.
- V. le curieux article tome V, p. 54 S
3 John Paulsen, Mine erindringer , pp. 183-184.
4 Lettre du 23 octobre 1875, Breve , II, p. 36.
5 Breve fra Julius Langet p. 48,