LA LANGUE
de Bernick avec Aune. Mais la question ouvrière n'est le sujet d’aucune des deux pièces. Elle n'y est qu'effleurée en passant.
Dans la même lettre où il donnait à Hegel cette indication, il ajoutait qu'elle « toucherait plusieurs des questions importantes de l'époque » *. Et, sa pièce achevée, il écrivit : « Je crois pouvoir dire avec certitude que cet ouvrage nous donnera satisfaction à tous les deux; il est nouveau et opportun à tous égards, et c'est peut-être l’ouvrage que j'ai le plus habilement composé1 2. » Il avait été tout aussi content de lui après U Union des Jeunes. Mais, cette fois, il ne parlait pas d'ouvrage « paisible ». Il croyait, au contraire, lancer une œuvre sensationnelle, et, peu avant que le livre parût, il avertit son éditeur :
Je prévois que cet ouvrage va causer pas mal d'agitation, et si nous le publions à point nommé, il n'est pas impossible, malgré l'importance du premier tirage, qu'une nouvelle édition soit nécessaire à Noël 3.
Il considérait évidemment sa pièce comme sa contribution à la campagne engagée d'accord avec Brandès.
Tout le théâtre d'Ibsen sera désormais écrit en langage de la conversation courante. Sur ce point, H. Koht pense que Bjôrnson, par ses deux pièces, Une faillite et Le Journaliste, a exercé sur lui une réelle influence : « Ibsen a été instruit et encouragé par cet exemple, et Ta poussé encore plus loin4. » L'étude de la langue d’Ibsen et de ses transformations est compliquée par ce fait que ces transformations sont moins dues à lui-même qu'au changement progressif du riksmaal norvégien qui s'écartait de plus en plus du danois en se laissant pénétrer par les mots et les formes de la langue paysanne. Je ne connais pas.
1 Rosenkrantz Johnsen, Passiar , p. 39.
- Lettre du 29 juillet 1877, L. C. Nielsen, op. cit p. 329.
3 Lettre du 23 août 1877, Breve, I, p. 48.
4 Henrik Ibsen, eit Diktarliv, II, p 148.
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sur la langue d’Ibsen, d’autres études philologiques que celles de Johan Storm1. Elles sont anciennes et incomplètes, et les fiches amoncelées à la bibliothèque d’Oslo serviront sans doute à une étude nouvelle. Mais Johan Storm était parvenu à cette conclusion qu’Ibsen avait constamment suivi, avec un parfait réalisme, les changements successifs de la langue, telle qu’elle était pratiquée soit par les gens cultivés soit par les gens non cultivés.
1 Notamment dans Norsk Sprog, 1896, et dans Ibsen og det norske Sprog (Festskrift pour le 70e anniversaire d’Ibsen).