‹ Œuvres complètes. tome onzième, Les Drames modernesChapitre 43 sur 153 · II · texte numérisé non relu

II

lut ce que publiait Brandès, refusa de collaborer à sa revue, et pourtant la goûta : « Je me rencontre avec lui en ce qu'il travaille pour la liberté1 2. » Évidemment, il inclinait peu à peu vers Brandès, malgré bien des désaccords encore profonds, et lorsque parut l'adresse des 45, il éprouva le besoin de protester publiquement, lui aussi, contre l'atteinte à la liberté dont Brandès était victime, et de lui rendre hommage. Il lit ses réserves, bien entendu. Il trouvait de la partialité dans les livres de Brandès. Mais lui-même n'avait-il pas été longtemps injuste à l'égard du critique philosophe? Et il le remerciait de ses ouvrages et de l'influence qu'ils avaient exercée sur lui :

J'ai appris à respecter ceux qui pensent autrement parmi nous, et j'avais besoin de l'apprendre. A chaque livre nouveau qu'il a publié, il a accru mes lumières, activé ma pensée, et — ce qui aujourd'hui est à mes yeux le plus important — par sa peinture souvent superbe de gens fidèles à leur conviction et de leur destinée, il a fortifié ma volonté à.

Et ce fut le point de départ d'une correspondance active entre Bjôrnson et Brandès, et l'influence de Brandès fut grande sur Bjôrnson, au cours de la crise religieuse que celui-ci traversait.

Ibsen admira le geste de son ancien camarade, et lui envoya un exemplaire des Soutiens de la Société avec ces mots :

A Bjôrnstjerne Bjôrnson.

Ta déclaration à propos du départ de Brandès m'a profondément ému. Tu es là toi-même tout entier. — Voudras-tu recevoir de bon cœur le livre que je t’envoie, et le donner à ta femme?

Munich, 28-10-77 3.

1 Lettre à Hegel du 7 novembre 1874, citée par H. Koht, Brytningsaar, I,

p. LXXIV.

2 Dansk Folketidende, 19 octobre 1877, cité par H. Koht, Brytningsaar, 1, p. LXXVI.

2 Samtiden , 1908, p. 95.

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