TOUTE LA FOULE
Vive le consul Bernick ! Vive le soutien de la société ! Hourra ! hourra ! hourra !
LES SOUTIENS, ACTE IV
MADEMOISELLE HESSEL
Compliments, beau-frère !
(Silence attentif.)
T LE CONSUL BERNICK, commence , gravement et lentement.
Mes concitoyens,... votre porte-parole a dit que ce soir, nous sommes près de commencer une ère nouvelle,,., et j'espère qu'il en sera ainsi. Mais pour que cela se produise, il faut que nous nous pénétrions de la vérité,... la vérité qui, jusqu'à ce soir, en général et sous tous les rapports, a été sans asile dans cette société.
(Surprise parmi les gens qui V entourent.)
Je dois commencer par repousser les éloges dont, suivant l'usage en de telles circonstances, vous m’avez comblé, monsieur le professeur. Je ne les mérite pas; car je n'ai pas été, jusqu'aujourd'hui, un homme désintéressé. Si je n’ai pas toujours recherché les bénéfices pécuniaires, j’ai du moins conscience maintenant qu’un ardent désir de puissance, d'influence, de considération, a été la force motrice dans la plupart de mes actions.
RUMMEL, à mi-voix .
Où va-t-il?
LE CONSUL BERNICK
En face de mes concitoyens, je ne m’adresse pas de reproche à ce sujet; car je crois encore que je peux me placer au premier rang parmi les hommes capables chez nous.
NOMBREUSES VOIX
Oui ! oui ! oui !
LE CONSUL BERNICK
Mais ce dont je me blâme, c'est d'avoir été souvent assez
faible pour prendre des voies détournées, parce que je connaissais et redoutais la tendance de notre société à percevoir de vils motifs derrière tout ce qu'un homme, ici, entreprend. Et j'en viens maintenant au point qui touche à cela.
RUMMEL, inquiet.
Hm!... hm!
LE CONSUL BERNICK
Des bruits courent au sujet de grands achats de terrains dans la région. Ces terrains, je les ai tous achetés, moi seul.