‹ Œuvres complètes. tome onzième, Les Drames modernesChapitre 79 sur 153 · L. 5-6. Mes hommages à Mme Rasmussen] Manque · texte numérisé non relu

L. 5-6. Mes hommages à Mme Rasmussen] Manque

ÉBAUCHES ET VARIANTES 351

P. 330, 1. 8-15. — Bernick (qui les a accompagnés à la porte), — Ouf ! nous en sommes tout de même arrivés jusque-là.

Rôrlund (à la porte sur le jardin). — Oui, vous êtes vraiment arrivé plus loin que l’an dernier.

Madame Bernick (de même près de la porte sur le jardin). — Mais Karsten, comment tout cela se concilie-t-il?

L. 22 -P. 332, 1. 6. — Rôrlund. — Alors, vous voulez tout de même avoir une ligne secondaire qui descende ici vers la ville?

Bernick. — Oui, écoutez-moi, monsieur le professeur, et vous savez, naturellement, ce qui s’est passé jusqu’ici à ce sujet.

Rôrlund. — Oui, je sais qu’une ligne pénétrant dans l’intérieur a été préférée à une ligne longeant la côte.

Bernick. — C’est bien cela !

Rôrlund. — ... et que vous et les autres magnats de la ville avez refusé l'an dernier à contribuer à la ligne secondaire qui serait venue ici.

Bernick. — Tout à fait exact ! La proposition faite l’an dernier était inacceptable. Elle aurait coûté des sommes déraisonnables ; il aurait fallu construire des tunnels et des ponts, et d'autres choses encore. Tout cela, nous pouvons maintenant l’éviter, et avoir notre chemin de fer à un prix d’un bon marché exceptionnel.

Rôrlund. — Mais comment cela, monsieur Bernick?

Bernick. — Oui, je vais vous le dire... Oh, vous pouvez écouter, mesdames... Voilà! Vous rappelez-vous, monsieur le professeur, qu’au printemps je me suis absenté une semaine pour un voyage dans le haut pays?

Rôrlund. — Oui, c’était pendant la semaine de la Pentecôte.

Bernick. — Précisément. La crue du printemps, comme vous le savez, était extrêmement forte cette année, et avait causé beaucoup de dégâts. C’est ainsi que j’ai entendu dire que, dans le Trangdal, la rivière était sortie de son lit et se jetait dans le lac de Trangdal par son ancien cours. Ceci me frappa comme un éclair ! Je partis là-haut ; et que vis-je? Oui, c'est exact,..*

toute la gorge de Trangdal était sèche comme une grand'route,. . . la gorge de Trangdal, voyez-vous, qui avait été l'obstacle naturel décisif contre la ligne secondaire...

Rorlund. — C’est tout à fait curieux.

Bernick. — C'était plus que curieux, monsieur le professeur. Je suis arrivé là-haut un dimanche matin, et comme je me suis aussitôt rendu compte de l'énorme portée de ce fait, je me suis senti dans une disposition presque religieuse. Ce bouleversement naturel survenu juste à la onzième heure... ; n’était-ce pas évidemment comme si la Providence elle-même était intervenue?

Rorlund. — Oui, c'est difficile de porter là-dessus un jugement...

Bernick. — Je ne suis malheureusement pas un homme particulièrement religieux; mais j'ai tout de même parfois mes moments de gravité ; ce moment-là en a été un. J'ai vu devant moi les milliers d’heureux foyers qui pouvaient désormais être créés dans ces régions désertes ; j’ai vu notre ville, qui jusqu'ici a été presque sans lien avec l'intérieur du pays, mise soudain en rapport avec de florissants districts dans cette région. Vie, bien-être, progrès de tous côtés ! Vous verrez, vous ne vous y reconnaîtrez plus ici à partir du jour où le premier train y arrivera. N'est-ce pas vrai, ce que je dis là?

Madame veuve Bernick. — Si, c’est vrai, Karsten !

Madame Bernick. — Et tu nous as caché tout cela !

Bernick. — Oh ! ma chère, vous n'auriez tout de même pas pu comprendre... ; il ne faut jamais parler des questions d'affaires avant le moment décisif. Mais j'ai maintenant le rapport des ingénieurs,... tous les devis;... il ne s'agit plus que d’avoir les souscriptions nécessaires. Il le faut, et ça ira ! Oui, quand je devrais jouer toute mon existence dans cette affaire, je la ferai aboutir !

Madame veuve Bernick. — Tu es un homme, Karsten !

Madame Rummel. — Oui, nous disions tout à l'heure que vous êtes le bon génie de la ville, monsieur Bernick.

ÉBAUCHES ET VARIANTES

Madame Holt. — Non, pensez donc, si nous avions un chemin de fer ici !

Netta [corrigé en Dîna]. — Nous pourrions prendre le train le dimanche.

Rorlund. — Le dimanche?

Madame Rummel. — Dina veut sûrement dire : dans la semaine.

P. 332, 1. 12-14. — Mais vous ne - vous y rendrez.] Mais

c’est à cela justement que nous allons tous travailler. N’êtesvous pas d’accord avec moi en cela, monsieur le professeur?

Rorlund. — Hm ! je ne suis pas homme d’affaires, monsieur Bernick; et la société plus restreinte à laquelle j’appartiens...

Bernick. — Elle ne pâtira aucunement du chemin de fer ; je peux vous en donner l’assurance ! Notre laborieuse petite ville est, Dieu merci, fondée sur une base morale saine. Nous autres hommes, nous mènerons le combat, et nos femmes et nos filles resteront à la place qui leur est assignée par la nature. Croyez-moi, nos foyers purs ne sont pas si facilement troublés, tant que les femmes continuent à être ce qu’elles doivent être. Employez-vous tranquillement au service de la bienfaisance, mesdames, et rendez

L. 18. — Madame Bernick. — Oh ! pendant les vacances, il n’est pas possible de le retenir à la maison.

Bernick. — Alors il est sûrement encore au bord de l’eau. Tu verras, ça finira mal.

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