‹ Œuvres complètes. tome premier, Œuvres de GrimstadChapitre 18 sur 103 · SENS DE LA QUERELLE · texte numérisé non relu

SENS DE LA QUERELLE

attitude fut modeste. Sou influence, pourtant, fut considérable. Les moeurs, après un moment de singeries mondaines ridicules, s’adoucirent, et les manières se firent plus polies dans la bourgeoisie, progrès assez rapides auxquels son action ne fut sans doute pas étrangère. Et dans le monde des lettres la critique purement littéraire des œuvres fut permise. La poésie d’amateur devint plus rare. Le ton des polémiques fut plus supportable. Le principe fut admis que les querelles personnelles devaient en être écartées, conformément à l’exemple qu’il avait donné, non dès le début, mais assez vite, lorsque, insulté par les partisans de Wergeland, il avait écrit : “ Je contribuerai par ma résignation à extirper cette vieille sottise qui confond la vérité avec les affaires de ses défenseurs 1 La critique se fit même technique au point de presque s’interdire toute appréciation subjective. La Revue norvégienne de science et de littérature très sérieuse et bien rédigée, fut fondée en 1847, et Put vivre. Nommé lecteur (1840), puis professeur de philosophie à l’Université, Welhaven s’occupa surtout d’histoire littéraire et d’esthétique, et fut considéré comme l’arbitre du goût, le maître qui formulait les bons principes. A côté de lui, le professeur de philosophie Markus Monrad, hégélien extrêmement actif par la parole et par la plume, exerçait peut-être, surtout à l’association des étudiants et dans la presse, une influence plus continue. Mais, en 1850, lorsque débarqua le jeune Ibsen à Kristiania, Welhaven y était encore la grande autorité dans le monde des lettres, comme J. L. Heiberg à Copenhague.

1 J. S. Welhaven, I, p. 194.

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