‹ Œuvres complètes. tome premier, Œuvres de GrimstadChapitre 43 sur 103 · INSTANT RADIEUX · texte numérisé non relu

INSTANT RADIEUX

Oh, quel orage en ma poitrine !

JJai entendu cette voix bien connue, qui vient du pays des songes lorsqu’épuisé, assoupi dans la nuit crépusculaire, j’écoutais murmurer sur la rive les vagues !

J’ai vu le regard de mon idéale fiancée, tel qu’en mon rêve d’amour imaginaire ! Jusqu’au fond de l’âme jaillit, tel l’ouragan sur la terre, le flot frémissant de mes pressentiments !

Et le tourment de désir dont l’idéal de mon âme a embrasé mon cœur ardent, d’abord feu flamboyant, violent, dévastateur,

est devenu flamme tranquille et chaude !

Une lueur éclaira ma poitrine pleine de nuages, non pareille au cuisant soleil d’été, lorsqu’il brûle près de nous,...

non, mais aux rayons d’étoiles scintillant du pôle le plus lointain !...

En mon âme il faisait jour ;...

je ne sentais ni rancune, ni la pointe empoisonnée de la douleur. Ce ne fut qu’une seconde....

mais cet instant fugitif valait plus, pourtant, qu’une éternité !..

Serai-je encore déçu ?...

Les visions s’enfuiront-elles...

pour redevenir de purs fantômes, quand la tempête de mousse, après l’ivresse enthousiaste, ne pétillera plus, et s’éteindra ?...

Oh, avec le trésor des souvenirs, à travers la nuit de l’avenir, je veux vaguer sur l’océan des rêves,.., puis, las, je descendrai, pour y chercher la paix, dans la tombe sereine et glacée ! .

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