‹ Œuvres complètes. tome premier, Œuvres de GrimstadChapitre 79 sur 103 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

(Une salle dans la maison de Catilina, avec une colonnade au fond.

Une lampe éclaire la salle.)

Catilina arpente la pièce . Lentulus et Céthégus sont chez lui.

CATILINA

Non, non ! Vous ne comprenez pas vous-mêmes ce que c’est que vous me demandez. J’irais traîtreusement commencer une guerre civile,,., me souiller les mains de sang romain ?

Jamais je ne ferai cela! Que toute la ville me blâme...

LENTULUS

Tu ne veux pas, Catilina ?

CATILINA

Je ne veux pas.

CETHEGUS

Dis-moi,... n’as tu rien ici à venger,... personne que tu voudrais frapper.

CATILINA

Se venge, qui voudra ; je ne le fais pas.

Pourtant, ,1e mépris muet est vengeance aussi ; — je n’en aurai pas d’autre.

CETHEGUS Ah, il parait

que nous sommes venus à un mauvais moment.

Mais demain certainement t’inclinera vers d’autres pensées.

CATILINA

Et pourquoi demain ?

CETHEGUS

Une foule de bruits singuliers circulent.

Une vestale vient d’être condamnée à mort...

CATILINA

surpris.

Une vestale ? Comment... que dis-tu là ? LENTULUS

Parfaitement ; une vestale. La rumeur dit... CATILINA

Que dit la rumeur ?

CETHEGUS

Que tu n’es pas tout à fait étranger à cette affaire obcure.

ŒUVRES DE GRIMSTAD CATILINA

On croit cela de moi ?

LENTULUS

Hm... le bruit en court.

Mais passons,... pour nous, pour tes bons amis, cette affaire peut être ce qu’elle voudra ;... mais le peuple, Catilina, est plus sévère.

absorbé .

Et elle est morte ?

CETHEGUS

Morte sans aucun doute.

Un séjour d’une heure au caveau des criminelles est plus qu’assez...

LENTULUS

Ce n’est pas notre affaire.

Ce n’est pas pour cela que nous en parlions.

Mais, écoute-moi, Catilina ! Songes-y.

Tu as brigué le consulat. Ton avenir tenait à ce seul fil ténu d’espoir ; — maintenant il est brisé ; tout est perdu.

CATILINA

comme précédemment ,

“ Toi-même as appelé la vengeance sur ta tête. M CETHEGUS

Secoue ces pensées ; elles ne servent à rien. - Sois un homme ! On peut encore gagner la bataille ;

une décision hardie... ; tu as assez d’amis ; nous serons avec toi au premier signe...

Tu n’es pas tenté ? Réponds !

Non, vous dis-je !

Et pourquoi voulez-vous une conjuration ?

Soyez francs ! Aspirez-vous à la liberté ?

Est-ce pour rajeunir la grandeur de Rome que vous voulez tout renverser ?

LENTULUS

Du tout ;

mais l’espoir d’être grands nous mêmes, n’est-ce pas un suffisant mobile, Catilina !

CETHEGUS

Et d’amples moyens de jouir de la vie ne sont pas non plus tellement à mépriser.

Tel est mon désir ; — je suis sans ambition.

CATILINA

Je le savais. Piètres, mesquins soucis de profit personnel est tout ce qui vous pousse.

Non, amis, non ; je visais un but plus vaste !

J’ai bien essayé par la corruption d’emporter le consulat ; et cependant mon projet embrassait plus qu’on ne peut juger d’après ces moyens. La liberté civile et le bien de l’Etat étaient mon but.

On m’a méconnu ; l’apparence était contraire.

Mon destin l’a voulu. Ce doit être ainsi.

CETHEGUS

Soit ; mais la pensée de la foule d’amis que tu peux sauver de la ruine et de la honte... ? Tu sais que sous peu nous serons réduits au bâton de mendiant par notre vie frivole.

CATILINA

Cessez à temps ; c’est ce que j’ai résolu.

LENTULUS

Comment, Catilina,... tu changerais ta manière de vivre ? Ha-ha ; tu te moques ?...

CATILINA

C’est très sérieux,... de par les grands dieux

CETHEGUS

Bon, il n’y a plus rien à faire avec lui.

Viens, Lentulus ; nous devons dire aux autres la réponse reçue. Nous les trouverons gaiement attablés là-bas chez Bibulus.

CATILINA

Chez Bibulus ? Combien de nuits joyeuses n’ai-je pas avec vous passées chez Bibulus !

J’en ai fini avec ma vie déréglée ; dès avant l’aube, j’aurai quitté la ville.

LENTULUS

Que dis-tu ?

CETHEGUS Tu veux partir d’ici ?

Cette nuit même, en compagnie de ma femme : moi et Rome, nous nous quittons pour la vie.

Je fonde un foyer aux vallées de la Gaule ; — le champ que je cultiverai me nourrira.

CETHEGUS

Tu veux quitter la ville, Catilina ?

CATILINA

Je le veux ; il faut ! La honte me pèse ici.

Ah, j’ai le courage de supporter la gêne ; mais lire aux yeux de tout Romain mépris et insolent dédain... ! Non, non ; c’est trop !

Je peux en Gaule vivre tranquille et caché :

là, j’oublierai ce que je fus jadis,

j’endormirai le goût des grands desseins,

je me rappellerai mon passé comme un rêve confus.

LENTULUS

Eh bien, adieu ; le bonheur t’accompagne !

CETHEGUS

Garde nous un souvenir amical, comme nous de toi, Catilina ! Nous allons raconter à nos frères tes étranges projets nouveaux.

CATILINA

Et porte-leur mon fraternel salut !

Lentulus et Céthégus sortent .

Aurélia est entrée par le coté, mais s arrête craintive a la vue des partants ; lorsqu'ils sont sortis , elle s'approche de Catilina .

AURELIA

doucement, avec reproche .

Encore ces amis turbulents chez toi ?

Oh, Catilina.*. !

CATILINA

Pour la dernière fois.

Je viens de prendre congé d’eux. Tous les liens qui m’attachaient à Rome sont tranchés à tout jamais.

AURELIA J’ai fait le bagage

du peu que nous avons. Ce n’est pas beaucoup mais c’est assez pour la frugalité !

CATILINA

absorbé .

Oui, bien assez pour moi, qui ai tout perdu. AURELIA

Oh, ne songe plus ce qui ne peut être changé ; ... oublie ce que...

CATILINA

Heureux, qui pourrait oublier,...

qui pourrait arracher le souvenir de l’âme, et tous les espoirs, et le but de tous les vœux !

CATILJNA, ACTE II

Il faudra du temps avant d’en venir là ; mais je m’efforcerai...

AURALIA

Je t’y aiderai ;

et tu verras s’adoucir tes regrets Mais nous devons partir le plus tôt possible. La vie te parle ici comme une tentatrice... N’est-ce pas,... nous partons cette nuit-même ?

CATILINA

Oui, oui,... cette nuit-même, Aurélia !

AURELIA

Il restait encore une petite somme, je l’ai prise ; c’est suffisant pour le voyage.

CATILINA

Bien, bien ! Je vendrai mon épée pour une bêche. Ah, l’épée, qu’est-ce pour moi désormais ?

AURELIA

Tu défricheras la terre ; je la cultiverai.

Autour de la maison fleuriront bientôt une haie de rosiers et d’aimables myosotis, présage de la proche venue du temps où tu pourras saluer tout souvenir du passé comme un ami de jeunesse retrouvé.

CATILINA

Ce temps-là, Aurélia ? Je crains, aimée,... qu’il soit encore au lointain bleu de l’avenir.

D'un ton plus léger.

Mais va, femme ; prends un instant de repos. Un peu après minuit nous partirons alors le sommeil de la ville est plus profond, personne ne se doutera ou nous allons.

La première aube du matin nous trouvera loin... loin d’ici ; dans un bois de lauriers nous reposerons sur un doux tapis de verdure.

AURELIA

Une existence nouvelle s’ouvre pour nous,... plus riche en joies que celle achevée ici.

Je m’en vais. Une heure de tranquillité me donnera des forces.... Bonsoir, mon Catilina !

Elle P embrasse et sort.

la suit du regard.

La voilà partie. Ah, je peux respirer !

Je peux déposer ce masque pesant de simulation, l’apparence d’une gaieté plus que tout étrangère à mon cœur.

Elle est mon bon génie. Elle s’affligerait, si elle voyait mon doute. Il faut le cacher.

Mais je veux consacrer cette heure muette à un examen de ma vie manquée....

Ah, cette lampe... elle gêne mes pensées ;...

il doit faire sombre ici,... sombre, comme en mon âme!

Il éteint la lampe ; la lune brille entre les colonnes du fond .

Trop clair,... trop clair encore ! Mais peu importe... le pâle clair de lune s’accorde bien avec cette obscure clarté qui voile, qui a constamment voilé ma route.

Hm, Catilina,... voici donc ton dernier jour ; dès demain tu ne seras plus le Catilina que tu fus jusqu’ici.

Loin dans la Gaule inculte, ma vie

s’écoulera ignorée, telle un ruisseau dans les bois.

C’est le réveil dissipant tous les rêves de puissance, grandeur, existence active ; — évaporés comme rosée ; dans ma nuit intérieure était leur champ clos ; — nul ne les connaissait.

Ce n’est pas ce repos, cette léthargie interceptant les bruits du monde, qui m’effraie.

Si seulement je pouvais un instant luire et briller comme une étoile dans sa chute, — si une fois seulement, par un coup d’éclat, j’imposais mon nom de Catilina à la renommée, à l’histoire immortelle, ... alors, avec joie, à l’heure du triomphe, j’irais, quittant tout,... vers les bords étrangers ; j’enfoncerais un poignard dans mon cœur ; je mourrais libre et joyeux... j’aurais vécu !

Mais ce destin-ci est la mort sans vie.

Est-ce que c’est possible ? Périrai-je ainsi ?

Les bras tendus.

Un signe, ô dieux irrités, que tel est mon sort : oublié, sans traces, disparaître de la vie !

ŒUVRES DE GRIMSTAD FURIA

de hors y derrière la colonnade.

Non, ce ne l’est pas, Catilina !

CATILINA

avec un brusque recul.

Qui parle ? Quelle voix présage ici ?

La voix d’un esprit du monde souterrain !

s'avance au clair de lune.

Je suis ton ombre.

CATILINA

effrayé.

Le spectre de la vestale !

FURIA

Il faut que tu sois tombé bien bas, si tu as peur de moi.

CATILINA

Parle ! T’es-tu levée de la tombe pour me poursuivre de ta haine et de ta vengeance ?

FURIA

Poursuivre,... dis-tu ? Je suis ton ombre.

Je dois t’accompagner, où que tu ailles.

Elle s'approche .

CATILINA

Elle est vivante ! Dieux,... c’est elle même, non un esprit !

Esprit ou non, — cela revient au même ; je t’accompagnerai.

Avec ta haine de sang !

FURIA

La haine s’éteint dans la tombe, ainsi que l’amour et tous les sentiments qui germent en un sein terrestre. Une chose seule demeure dans la vie et la mort, et ne peut changer.

CATILINA

Quoi donc ? Dis-le !

FURIA

Ton destin, Catilina !

CATILINA

Mon destin n’est connu que des dieux sages,... et de nul être humain.

FURIA

Je le connais.

Je suis ton ombre ;... des liens mystérieux nous unissent.

CATILINA Celui de la haine.

Non !

Les esprits se lèvent-ils de la morne tombe pleins de haine et de vengeance ? Ecoute, Catilina ! Dans les eaux du monde souterrain, j’ai éteint tout feu terrestre embrasant ma poitrine.

Telle que tu me vois ici, je ne suis plus la Furia,... farouche, enflammée de colère,... que tu as aimée...

CATILINA

Ne me hais-tu pas ?

FURIA

Plus maintenant. Lorsque j’étais dans la tombe,... lorsqu’au croisement des chemins entre la vie et la mort, j’hésitais, prête, l’instant suivant, à visiter le monde d’en bas,... alors je fus saisie d’un étrange frisson ; je ne sais moi-même... ce fut une transformation singulière ;... je dépouillai haine, vengeance, mon âme entière ; tout souvenir, tout désir humain s’abolirent seul le nom de <c Catilina ” reste écrit en lettres de feu, rouge, comme jadis, dans mon sein.

CATILINA

Extraordinaire ! Mais, qui que tu sois,... être humain, ombre du monde souterrain,... un affreux charme magique réside dans tes paroles, et dans tes yeux noirs.

Ton esprit est fort comme le mien ; et tu veux, découragé, pris de doute, quitter tout espoir de victoire et de puissance. Tu tournes lâchement le dos à la scène où tes obscurs projets pourraient mûrir et éclore à la lumière !

CATILINA

11 le faut ! Un inflexible destin le veut.

FURIA

Ton destin ? A quoi te sert une force héroïque,... sinon pour combattre ce que tu appelles destin ?

CATILINA

Ah, j’ai assez lutté ! Ma vie ne fut-elle pas un combat perpétuel ? Et quels en sont les fruits ? Honte et mépris !

FURIA

Tu es tombé bien bas.

Ton désir vise un haut but audacieux ; tu voudrais l’atteindre ; et pourtant t’effrayes au moindre obstacle.

CATILINA

La peur n’y est pour rien.

Le but que je me proposais est inaccessible ;... tout cela n’était qu’un vain rêve de jeunesse.

FURIA

Voilà que tu t’abuses toi-même, mon Catilina !

Tu ne penses toujours qu’à ce seul projet ton âme est grande, digne d’un chef romain,... et tu as des amis... Pourquoi hésiter ?

CATILINA

songeant .

J’irais... ? Que veux-tu dire... ? La guerre civile. FURIA

Es-tu, toi homme,... moins résolu qu’une femme As-tu oublié cette hardie romaine à qui le cadavre de son père fut le chemin du trône ? Je me sens une Tullia ;... mais toi ?

Méprise-toi ;... méprise-toi, Catilina !

CATILINA

Dois-je me mépriser parceque mon esprit n’enferme plus de farouche ambition ?

FURIA

Tu es à une croisée des chemins dans ta vie. D’un côté c’est une existence vide, inerte,... milieu entre la mort et l’indolent sommeil ;... mais de l’autre côté tu aperçois un siège souverain. Eh bien, choisis, Catilina !

CATILINA

Tu me fascines et me tentes pour ma ruine. FURIA

Jette le dé,... et tu tiens dans ta main

le bien de Faîtière Rome dans les siècles.

Ton destin muet recèle éclat et puissance ; et pourtant tu hésites, — tu n’oses agir !

Tu t’en vas là-bas vers tes forêts, où tout espoir jadis couvé sera étouffe.

Ah, Catilina, nulle trace n’est-elle restée en ton cœur du désir des honneurs ?

Cette âme de maître, faite pour la gloire, va-t-elle dans un désert sans nom disparaître ignorée ?

Oui, pars ! mais sache-le,... à jamais est perdu ce qu’ici, d’un coup hardi, tu pouvais gagner.

CATILINA

Continue ; continue !

FURIA

Effroi et horreur inspirera ton nom à la postérité.

Ta vie entière fut un jeu téméraire mais d’un rayon rédempteur elle brillerait, soutenue par la légende, si, avec fougue, tu te frayais chemin dans la cohue furieuse,... si la nuée de servage, par ton action souveraine, faisait place à un ciel nouveau de liberté, si tu voulais...

CATILINA Assez ! Tu as saisi

la corde qui vibrait tout au fond de moi ;... tes paroles ont résonné comme un écho de ce que mon cœur murmure nuit et jour.

ŒUVRES DE GRIMSTAD FURIA

Enfin je te reconnais, Catilina !

CATILINA

Je ne pars pas !... Tu as ranimé l’ardeur de ma jeunesse, la passion de mon âge mûr. Oui, je flamboierai sur cette Rome déchue,... je les épouvanterai comme la queue de la comète ! Orgueilleux misérables,... vous apprendrez que vous ne m’avez pas brisé, si un instant ma force a faibli dans la chaleur du combat !

FURIA

Ecoute !

Ce que veut le destin,... ce que les puissances des ténèbres ont décidé de nous, il faut y obéir.

Or donc, ma haine est partie,... le destin l’ordonnait ; ce devait être ainsi... Tends moi ta main en signe d’alliance éternelle !... Tu hésites ?

Tu ne veux pas ?

CATILINA

Tu veux ?... Je regarde tes yeux.

Ils luisent,... comme l’éclair dans la nuit noire.

Et tu viens de sourire ! Ah, telle je me suis figuré Nemesis...

FURIA

Comment ? Veux-tu la voir,... regarde en toi-même. As-tu oublié ton serment ?

Je me le rappelle pourtant une vengeresse tu me parais...

FURIA

C’est que je suis une image de ton âme même.

CATILINA

songeur .

Que dis-tu ?

Je pressens vaguement ce que je ne peux saisir ; je devine de mystérieuses formes de brume,... mais ne peux les préciser. Il fait trop sombre.

FURIA

Il le faut. La ténèbre est notre empire ; ... dans la ténèbre nous régnons. Allons; tends moi la main en signe d’alliance éternelle !

CATILINA

avec emportement .

Belle Nemesis,...

mon ombre... image de mon âme même,...

Voici ma main pour la sombre alliance éternelle !

Il saisit sa main avec emportement ; elle le regarde avec un sourire fixe .

FURIA

Nous ne nous séparerons plus jamais !

ŒUVRES DE GRIMSTAD CATILINA

Ah, quel feu

ta poignée de main a répandu dans mes veines !

11 n’y coule plus du sang, mais d’ardentes flammes ma poitrine me devient trop étroite ; ma vue s’assombrit ! On va voir s’étendre l’éclat d’une mer de feu sur la ville de Rome !

Il tire son épée et la brandit.

Mon épée ; mon épée ! vois-tu comme elle brille ? Bientôt elle rougira dans le sang tiède !...

Que se passe-t-il en moi ? Mon front brûle ; des visions en foule passent devant moi...

C’est la vengeance, victoire et vie pour tous les rêves de grandeur, puissance souveraine et renommée.

Mon cri de guerre est : mort et rouges flammes !

Au Capitole ! Je suis enfin moi-même !

Il se précipite dehors ; Furia le suit.

(L’intérieur d’une taverne faiblement éclairée).

Statilius, Gabinius, Coeparius, et d’autres jeunes Romains entrent.

STATILIUS

Amis, nous pourrons ici passer la nuit ; on y est tranquilles ; nul ne nous écoute.

GABINIUS

Parfait ; eh bien, buvons, joie et bamboche !

Qui sait combien de temps ce nous sera permis ?

Non, attendons d’abord le message que Lentulus et Céthégus doivent apporter.

GABINIUS

Hé, qu’ils apportent le message qu’ils voudront ! On apporte du vin ; goûtons-y toujours.

Allons, frères,... une chanson joyeuse !

Des serviteurs viennent avec des brocs de vin et des coupes .

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