ÉBAUCHE DE PLAN
HEDDA
pièce en quatre actes Premier acte
Jorgen Tesman et Hedda viennent de rentrer d'un voyage de noces de six mois à l'étranger. Il a voyagé avec une grosse
bourse d'État et a obtenu à l'étranger le grade de docteur. Il est désigné pour un poste de professeur d'histoire de l'art. Depuis son enfance il a vécu chez ses deux tantes les demoiselles Rysing, dont l'une est toujours au lit; percluse à la suite d'une attaque d’apoplexie. L'éducation par ces deux vieilles dames a laissé des traces dans son caractère et sa personnalité. Il est brave garçon, zélé, bien doué, autrefois « brillant élève », mais sans originalité, indécis, n'a jamais appris à se débrouiller tout seul. Pendant son absence, sa tante paternelle, Jane, et le conseiller Brack ont acheté pour lui, selon son désir, une villa qu'il avait toujours rêvé d'habiter, et dont il croit que Hedda raffole aussi. A son retour il a trente-trois à trente-quatre ans.
Hedda, sa femme, fille de feu le général Gabier, a été une dame fêtée dans les bals. Elle a maintenant vingt-huit à vingtneuf ans. Beauté d'une pâleur de cire aux gestes lents.
Le conseiller Brack est un homme du monde élégant qui a beaucoup fréquenté la maison du général et été le cavalier attitré de Hedda. Il est célibataire et a quarante-deux ou quarante-trois ans. Il est bon causeur avec une tendance frivole.
Suite des scènes.
La tante Jane est introduite dans le salon par la vieille bonne Berte. Trouve tout superbement arrangé, se réjouit de son ouvrage. Conversation qui met au fait de la situation.
Jôrgen Tesman arrive des chambres à coucher. Berte s'en va. Longue et cordiale conversation entre lui et la tante.
Hedda entre. Elle ouvre la jalousie et est presque effrayée de voir le paysage si automnal. (On est au milieu de septembre.) Là-bas, dans le sud, on était en plein été. Mécontentement de ceci et cela légèrement indiqué. Conflit avec Mlle Rysing. Mis par celle-ci et Tesman sur le compte de la fatigue du voyage. Mlle Rysing sort.
Conversation entre Tesman et Hedda. Lui : Ne pourrais-tu
pas te décider, pour moi, à la tutoyer et à l'appeler tante. Elle : Pourquoi pas faster (tante paternelle)? Faster Jane. Ça sonne si joliment. Lui : Oui, mais puisqu'elle y tient tant. Elle : Faudrait -il peut-être aussi que je t'appelle Jôrgen? Ça ne sonne pas mal non plus. Lui : Si tu savais combien nous lui devons. Elle : Non, tu sais, il faut une limite à la mesure dans laquelle deux personnes sont mariées ensemble (le reste comme dans le brouillon).
Mme Elvsted est annoncée et entre. Scène entre elle, Tesman et Hedda, Elle a deux ans de moins que Hedda. Elle est fluette et a l'air effaré. Elle a de grands yeux ronds. La conversation à peu près comme dans le brouillon. Mme E. raconte qu'il [Corrigé en : H. L.] est venu ici avec un manuscrit pour causer avec Tesman. Hedda décide Tesman à lui écrire. Il va dans sa chambre.
Hedda et Mme Elvsted en conversation intime. Pour l'essentiel comme dans le brouillon. [Biffé : Tesman.]
Tesman entre avec la lettre. Scène brève entre lui et les dames. Berte annonce le conseiller et est chargée de porter la lettre.
Le conseiller Brack entre. Scène entre lui, Tesman, Hedda et Mme Elvsted. Brack invite T. à une soirée entre hommes, le soir. Celui-ci refuse, ayant prié E. L. de venir le voir. Brack : Impossible de refuser ; tout est prêt. Hedda : Si L. vient, je le recevrai. Et Mme E. peut aussi venir ici. C'est convenu. Les dames sortent.
Brack et Tesman en longue conversation. Les bruits au sujet du concours sont mis sur le tapis. T. est effrayé, très inquiet. Hedda rentre.
Brack, Tesman et Hedda. Tesman : E. L. pense à se présenter contre moi. Elle : Qu’entends-tu par là? Explication. Elle est rassurée. B. s'en va.
Tesman et Hedda en brève conversation. Hedda entre dans sa chambre. T. reste à la table.