‹ Œuvres complètes. tome quatorzième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 14 sur 169 · CHAPITRE IÏI l'œuvre · texte numérisé non relu

CHAPITRE IÏI l'œuvre

Rentré à Munich au commencement d'octobre, Ibsen reprit sa vie monotone de travail régulier, que rien, cette année-là, ne dérangea, en dehors de la correspondance occasionnée par son succès croissant en Allemagne et les débuts de son expansion en Angleterre et en France. Un seul événement se produisit au cours de l'année 1887-88 : le 20 mars 1888 tombait son soixantième anniversaire, qui fut célébré, suivant l'usage Scandinave, par l'envoi de félicitations et même de cadeaux. Les circonstances étaient exceptionnellement favorables pour que fussent multipliés les témoignages d'amitié et d'admiration. Les télégrammes affluèrent des trois pays Scandinaves, et même du monde entier. Georg Conrad, qui publiait à Munich l'hebdomadaire littéraire et artistique à tendances très modernes Die Gesellschaft, et qui avait servi à Ibsen d'intermédiaire entre lui et Antoine pour la première des Revenants à Paris, fut ce jour-là parmi les nombreux visiteurs dans le grand appartement de la Maximilian Strasse, et dit que les bouquets, couronnes et fleurs en pots étaient partout, qu'on voyait de tous côtés sur les chaises et les tables des oeuvres d’art, des broderies, des éventails peints offerts, et qu'Ibsen, ravi, se promenait au milieu de tout cela, s'écriant : « C'est trop ! Je ne sais que dire ! » Bjôrnson avait exactement prévu ces hom-

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