‹ Œuvres complètes. tome quatorzième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 63 sur 169 · L* indication scénique manque · texte numérisé non relu

L* indication scénique manque

P. 208, 1. 4-P. 210, 1. 13. — Ellida. — Il faut que je lui parle à lui-même. [Biffé : Si tu ne veux pas me libérer, il faut qu’il le fasse. Un des mariages doit être rompu.

Wangel. — Tu as toi-même rompu le lien que, dans ton exaltation maladive, tu appelles un mariage. Tu l’as rompu, et cela suffit.

Ellida. — Non, non, cela ne suffit pas. A quoi bon présenter mille motifs raisonnables. Cela ne sert à rien quand mes sentiments, à moi, sont différents.

Wangel. — Et ils continuent donc à l’être.

Ellida. — Ils le seront toujours. Ils seront toujours tels que maintenant. Je ne suis pas faite comme toi. Tu peux te sentir tranquille et heureux dans la vie réelle avec moi... et en même temps continuer la vie commune avec tes souvenirs.

Wangel. — Oh ! si je pouvais t’amener à comprendre combien ces deux choses sont prodigieusement différentes !

Ellida. — Pas pour moi. Je ne peux pas vivre ainsi la vie en partie double. Je ne peux pas continuer ainsi plus longtemps. Impossible [ Tout à fait impossible. Ou bien entièrement avec toi, ou entièrement avec lui.

Wangel. — Tout cela est idées confuses de femme, Ellida L

Conceptions de femme confuses. Que gagnes-tu à ce qu’il te dégage de ta promesse, comme tu dis? Cela te libère-t-il? Crois-tu peut-être que le pouvoir qu’il exerce sur toi soit par là détruit?

Ellida. — Heu, je ne sais pas ! Je ne sais pas.

[Biffé : Wangel. — Oh ! si, tu peux être certaine que cela ne procède pas de la sorte. Ce n’est pas du dehors que te viendra la libération. Pas d’une autre personne. C'est du dedans,... de toi-même que la libération doit venir.

Ellida. — Oh ! oui, oui. Crois-tu que je ne le sens pas. Mais vois-tu, Wangel,... c'est justement ce qu’il y a de terrible, que...

Wangel. — Que...?

Ellida. — Que, bien souvent, il me semble que je ne désire pas la libération.

Wangel. — Alors je ne vois rien à faire pour toi.

Ellida. — Oh ! ne dis pas cela si sûrement. Il doit bien se trouver quelque chose au monde,... quelque chose entre ciel et terre, qui pourrait me forcer à vouloir sortir de cette situation.

Wangel. — Je ne connais rien de pareil.

Ellida. — Et c'est pourtant sur toi que je compte, Wangel. C'est de toi que j’attends le secours. De toi seul.

Wangel. — De moi, avec qui tu ne veux plus vivre ta vie.

Ellida. — Yeux?

Wangel. — Oui, veux.

Ellida. — Dis plutôt : peux.

Wangel, avec un regard [Biffé : joyeux et] scrutateur sur eqe> — Ceci donne de l'espoir.

Ellida. — Oui, ne le crois-tu pas?]

Page 1