‹ Œuvres complètes. tome septièmeChapitre 29 sur 135 · LA RÉVÉLATION DE SAINT PIERRE · texte numérisé non relu

LA RÉVÉLATION DE SAINT PIERRE

Ibsen alla s’installer à trois kilomètres de Genzano, car il est toujours retourné volontiers vers les paysages qui lui avaient une fois plu. Avec sa femme et Sigurd, il vécut à Ariccia une vie calme, propice au travail.

Un seul Scandinave lui tenait parfois compagnie, un vieux peintre de portraits danois, nommé Lars Hansen, qui avait gagné juste assez pour mener à Rome une existence modeste et sans souci. Il était aimable et parfaitement normal, sauf en ceci qu’il avait une idée fixe qu’il ne manqua pas d’exposer à Ibsen. Les hommes, d’après lui, étaient divisés en deux grandes catégories, les moutons et les boucs, ceux-ci formant une société secrète très bien organisée et se reconnaissant à certains signes mystérieux. Lui-même, comme tous les moutons, était constamment l’objet de la persécution des boucs. Ibsen était un des grands boucs, et Hansen, quelques années plus tard, dit à Mme Ibsen que Peer Gynt était un des livres récents où était enseignée leur science l. La fréquentation du vieux peintre était amusante et peu gênante.

Mais la plupart du temps, Ibsen était seul. Il se levait de très bonne heure, parfois à quatre heures du matin, et faisait

1 L. Dietrichson, op. cit,t p. 345.

Page 1