‹ Œuvres complètes. tome septièmeChapitre 36 sur 135 · T. VU · texte numérisé non relu

T. VU

ŒUVRES D’iTALIE

fications profondes. Il y en a une troisième, qui est la substitution au sermon inachevé de la scène qui amène Brand à traverser le fjord en pleine tempête. Si important que soit en lui-même ce changement, il n’a entraîné aucun remaniement de la fable, puisqu’il remplace simplement un moyen par un autre pour obtenir un résultat aussitôt atteint, et que l’épisodé nouveau inventé à cet effet n’a aucune autre suite.

Rien n’indique donc, dans ce que l’on connaît du « Brand épique », que le passage à la forme dramatique ait comporté un changement du scénario, et la façon dont Ibsen parle de l’Église de glace (p. 235) et fait prévoir l'avalanche déclenchée par un coup de fusil fait penser que, du poème au drame, la fable est restée presque identiquement la même. Il y a eu tout de même au moins des simplifications, et l’on a vu (p. 84) qu’ Ibsen les considérait comme le grand avantage du drame. Elles ont pu consister pour une part à supprimer des chants qui auraient été consacrés à montrer l'action de Brand dans sa commune, où ses partisans deviennent de plus en plus nombreux, malgré l’opposition du bailli. Le poème épique permettait déjà des simplifications, à cet égard, impossibles dans un véritable roman, mais non autant qu’un drame. Et les deux longues conversations du bailli avec Brand, au troisième et au quatrième actes, semblent bien résumer tout ce qu’ Ibsen a cru devoir conserver de cette partie de son plan primitif.

La seconde de ces deux scènes du bailli contient aussi des développements excessifs sur une bande de bohémiens. Ils n’ont d’autre raison d’être que d’expliquer la venue de la bohémienne qui va bientôt demander les vêtements d'Alf conservés par Agnès. Ibsen, dans le drame, n’éprouve généralement pas le besoin de si amples préparations. Il a peut-être voulu préciser par là que ces bohémiens n’ont aucun rapport avec Gerd, qui est de la commune, tandis qu’ils sont des vagabonds que le bailli doit refouler. Un auteur a émis l’hypo-

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