LA GORGE DE MONTAGNE
Au ciel noir la nuée creva, bientôt la gorge fut torrent.
Le flot d’orage, en grossissant, bouillonne, mugit, chante et crie.
Le vent souffle et l’orage passe, le fleuve n’est plus qu’un ruisseau.
La poudre d’eau s’irise et bruit ; froufrou de perles sur les feuilles.
Par un jour brûlant... comme avant, le fond pierreux gît là tout sec.
Mais ça chantonne encor : murmures, bois mort craquant, feuilles froissées.
De loin, on dirait l’eau qui court.
Moi-même ai rêvé là un soir.
ŒUVRES D’ITALIE