L. C. Nielsen, op. cit.f II, p
* Lettre à Hegel, Breve , II, p. 137.
4 Lettre du 27 juin à Theodor Caspari, Breve , II, p. 13b,
T. XIII
(Ms XI, XII, XIII), en sorte que, pour quelques parties de la pièce, particulièrement pour la fin du IIIe acte et le commencement du IVe, on peut dire qu’il a écrit un second brouillon. Il y a là plus que le simple perfectionnement du style des répliques, on voit, par exemple, des variations au sujet de la « curieuse invention », à laquelle Hjalmar est censé se consacrer : elle est tantôt un prétexte imaginé par Hjalmar lui-même comme excuse à sa paresse, tantôt une suggestion du docteur Relling ; mais on ne peut relever aucun changement essentiel. Et enfin il a pu en venir à la mise au net, qui n’a pas été non plus un simple travail de copie, mais où les ratures et corrections sont rares et peu importantes (Ms XIV).
Ibsen était content de son ouvrage. Dans sa lettre d’envoi du 2 septembre, il écrivait à Hegel : « Les personnages de cette pièce, malgré leurs défauts de toutes sortes, me sont pourtant devenus chers par ces relations quotidiennes prolongées », et cette sorte de sympathie pour des gens aussi médiocres ou néfastes me paraît confirmer l’indulgence nouvelle d’un Ibsen surtout soucieux « d’études d’âmes ». Il ajoutait, après avoir annoncé que son drame tenterait beaucoup d’acteurs :
Cette pièce nouvelle occupe à certains égards une place à part dans ma production dramatique ; la technique y est, de plusieurs façons, différente de ma technique antérieure. Toutefois je ne veux pas m'étendre là-dessus. J'espère que les critiques trouveront bien sur quelques points ; en tout cas, ils trouveront ample matière à controverse et à interprétation. De plus, je crois que Le Canard sauvage pourra peut-être entraîner quelques-uns de nos jeunes auteurs dramatiques dans des voies nouvelles, ce que j'estimerais désirable.
En fait, les critiques n’ont pas découvert les grandes nouveautés techniques dont Ibsen se flattait. Le plan est simple, comme toujours ; l’action est ramassée en un très court espace de temps, depuis un soir jusqu'au surlendemain matin, et cette rapidité est de règle dans tous lesdrames modernes d’Ibsen ; le comique se mêle au tragique, ce n’est pas nouveau ; la pièce