‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 139 sur 300 · L'indication scénique manque · texte numérisé non relu

L'indication scénique manque

P. 250, 1. 2. — et fais la chambre !] Manque.

1. 4. — Après cette ligne est écrite celle-ci , biffée et soulignée de points :

H j. — Oui, fais-le ; j'ai besoin de si peu de chose en ce monde.

P. 249, 1. 24. — P. 250, 1. 5. — Le texte de ces lignes était d'abord :

Gina. — Veux-tu me donner la clef de ta commode, Ekdal?

Hjalmar. — Pour quoi faire?

Gina. — Je mettrai tes chemises dans la valise.

Hjalmar. — Voilà ! Et garde-la. Je ne m'en servirai plus.

(Gina va dans le salon.)

P. 250, 1. 6. — P. 263, 1. 19. — Gregers. — Est-ce vraiment pour toi une nécessité?

Hjalmar. — Ne me connais-tu pas assez pour comprendre que je ne peux pas vivre dans un foyer détérioré?

Gregers. — Mais c'est précisément maintenant que ce foyer pourrait être rebâti sur une base dix fois plus sûre qu’auparavant ; sur la vérité, le pardon, la réconciliation?

Hjalmar. — Tu approuverais cela?

Gregers. — Hé, mon cher, n'est-ce pas justement ce que j'ai voulu?

Hjalmar. * — Oui, mais ce qui est effrayant, tout à fait désolant, vois-tu, c'est que le bonheur, en tout cas, s'est enfui à jamais! Pense seulement à Hedvig, que j'ai si profondément aimée.

Gregers. — Et qui t'aime si profondément, Hjalmar.

Hjalmar. — Mais ça, c'est à quoi je ne peux pas croire désormais. Quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse, toujours je douterai d'elle quand même. Je ne peux jamais savoir si elle n'agit pas dans l'insécurité, l'inquiétude, et avec un sentiment d'être devenue comme une étrangère dans la maison.

Gregers. — Hedvig ne connaît pas la feinte. Et si elle t’apportait ce qu'elle possède de mieux, te le sacrifiait,... ne la croirais-tu pas?

Hjalmar. — Oh, quel sacrifice pourrait-elle me faire, qui...

Gregers. — Peu de chose, peut-être ; mais pour elle ce qu'elle a de plus cher. Imaginons que pour toi elle renonce au canard sauvage.

Hjalmar. — Le canard sauvage? A quoi cela servirait-il?

Gregers. — A renoncer à ce qu'elle tient pour le plus cher au monde.

Hjalmar. — Ce sont là propos exaltés. Quand elle renoncerait dix fois au canard sauvage, il resterait entre nous comme un abîme recouvert. Hedvig et moi, nous en souffririons tous deux. Non, vois-tu ; pour nous le bonheur est enfui. Jamais plus ne peuvent se rétablir les relations d'un père et d'une enfant entre Hedvig et moi.

(On entend un coup de feu dans le grenier.)

Comment ! Il tire encore !

Gina, entrant. — Pourvu qu'il ne finisse pas par faire un malheur sur lui-même.

Hjalmar. — Je vais voir...

Gregers. — Sais-tu ce que c’était?

Hjalmar. — Comment, était?

Gregers. — C'était un sacrifice inutile qu'a fait la pauvre Hedvig. Elle lui a persuadé de tirer le canard sauvage.

Gina. — Êtes-vous sûr de ça?

Gregers. — Je le sais.

Hjalmar. — Le canard sauvage.

Gregers. — Oui, elle a été si tourmentée et désespérée, Ekdal.

Gregers. — Et alors elle n'a pas trouvé d'autre expédient que de te sacrifier ce qu'elle avait de mieux.

Hjalmar. — Et moi qui ai pu être si dur pour elle. Où estelle, Gina?

Gina, réprimant des larmes. — Elle est dans la cuisine.

Hjalmar. — Il faut que tout aille bien de nouveau. (Il va ouvrir la porte de la cuisine.) Hedvig, viens à moi!... Non, elle n’est pas là.

Gina. — Non. Alors elle doit être sortie.

Hjalmar. — Oh, puisse-t-elle bientôt venir, que je puisse lui dire... Oui, car au fond, ce n'était pas du tout ce que je pensais.

[Biffé : Gregers. — Ce n’était pas ce que tu pensais?

Gina. — Ça ne te ressemblait pas non plus, Ekdal.

Hjalmar. — Non, c’était surtout à cause de toi, Gregers. Tu me présentais des exigences si absurdement grandes...

Gregers. — Tu trouves !

Hjalmar. — Oui, tu ne me connais pas bien, vois-tu ; je ne suis pas tout à fait comme tu te le représentes,... il me faut une bonne vie régulière et agréable...

Gina. — Ekdal n’est pas fait du tout pour être malheureux...

Gregers. — Je commence presque à le croire.

Hjalmar. — Oui, et c’est pourquoi je reste ici avec Gina et avec Hedvig, absolument comme auparavant...

Gina. — Tu as bien raison.

Gregers. — Mais, mon cher, c’est précisément pour cela que j’ai lutté.

Hjalmar. — Oui, mais tu voulais y venir par des simagrées auxquelles je ne m’entends pas du tout.

Gregers. — Oui, il n’y a pas de doute que c’est moi qui ai mal vu.

Hjalmar. — Oui, vois-tu, car ce n’est pas notre genre, ni à Gina ni à moi. Mais] que devient donc Hedvig? Oh, bon Dieu, que ne vient-elle... [Biffé : Et alors elle saura que je l’aime...

Gina. — Autant qu’elle t’aime, Ekdal.

Hjalmar. — Et autant qu’elle aimait le canard sauvage.]

Gregers. — Le sacrifice n’a tout de même pas été vain.

[Biffé : Hjalmar. — Non. Hedvig sera désormais le canard sauvage dans la maison.] (Le vieil Ekdal vient à la porte de sa chambre.) [Ajouté après coup : il est en grand uniforme, très affairé à accrocher son sabre.]

Hjalmar. — Père !

Gina. — Est-ce là qu’il a tiré [Corrigé en : Tires-tu dans ta chambre, père] !

Ekdal. [Ajouté après coup : en colère] — Alors, tu vas seul à la chasse, Hjalmar?

Hjalmar [Ajouté après coup : inquiet, perplexe]. — Ce n'est pas toi qui as tiré? [Corrigé en : Ce n'est donc pas toi qui as tiré dans le grenier?]

Ekdal. — J'ai tiré? [Ajouté après coup : Hm !]

Gregers. [Ajouté après coup : crie à Hj.] — Elle l'a tiré elle-même [Ajouté après coup : vois-tu !]

Hjalmar. — Qu'est-ce que c'est que ça ! (Il court à la porte du grenier, l'ouvre vivement, regarde et crie :) Hedvig. [Ajouté après coup : ... Hedvig!]

Gina, à la porte. — [Ajouté après coup : Mon Dieu,] Qu'est-ce qu'il y a !

Hjalmar. — Elle est couchée par terre ! (Il entre dans le grenier.)

Gregers. — Hedvig !

Gina. — Hedvig I (Dans le grenier.) Non, non, non.

Ekdal. — Qu'y a-t-il. Était-ce Hedvig... !

Hjalmar, portant Hedvig dans l’atelier. — Elle s'est touchée elle-même ! Appelle au secours !

Gina court sur le palier, d’où on l'entend crier. — Relling ! Relling ! Docteur Relling !

Hjalmar, déposant Hedvig sur le canapé. — Elle revient à elle... ; elle va bientôt revenir à elle. Le coup est parti...

Ekdal. — Il y avait une balle. Elle ne le savait pas. Savait pas qu'il était chargé.

Gina, qui est revenue. — Où est-elle touchée ! Je ne vois rien.

(Relling et derrière lui Molvik viennent du palier ; celui-ci est sans gilet ni cravate, le veston ouvert.)

Relling. — Qu'est-ce qui se passe !

Gina. — Hedvig s'est tuée !

Hjalmar. — Arrive au secours !

Relling. — Tuée !

(Il va au canapé et procède à l’examen. )

Hjalmar. — Ça ne peut pas être dangereux ; elle ne saigne presque pas ; ça ne peut pas être...

Relling. — Comment est-ce arrivé?

Hjalmar. — Oh, que sais-je... î

Gina. — Elle voulait tirer le canard sauvage...

Relling. — Le canard sauvage?

Hjalmar. — Le coup a dû partir.

Relling. — Hm !

Ekdal. — Tirer le canard sauvage. Comprends pas un mot. Veux pas entendre un mot de plus. (Il entre dans le grenier.)

Relling. — La balle a pénétré dans la poitrine...

Hjalmar. — Mais elle vit, tout de même !

Gina. — Tu vois bien que Hedvig ne vit pas.

Hjalmar. — Si, si, il faut qu’elle vive. Rien qu’un instant. Juste assez pour que je puisse lui dire...

Relling. — Le cœur a été touché... Hémorrhagie interne. Elle est morte sur le coup.

Hjalmar. — Oh, Gina, Gina, et j'ai fait cela contre toi !

Gina. — Peut-être n’avais-je tout de même pas le droit de la conserver. [Corrigé en : Oui, oui, sans doute n’avais-je pas le droit de la conserver, je crois.

Hjalmar. — Avais-je pour cela le droit de te la prendre, hein ! Après tout ce que tu as été pour nous depuis tant d’années.

Gina. — [Écrit d'abord : Il faut la déposer sur son lit. Ceci est corrigé en : L’enfant ne va pas rester là en spectacle. On va la mettre chez elle, dans sa chambre.] Prends-la et aide-moi, Ekdal. (Elle et Hjalmar la prennent entre eux.)

Hjalmar, pendant qu’ils la portent. — Oh, Gina, Gina, peux-tu supporter cela.

Gina. — On s’aidera l’un l’autre. Je l’ai mise au monde, et

tu l’as enlevée au monde;... nous voilà [Ajouté après coup : donc] à part égale [Ajouté après coup : je pense].

[Biffé : ils la portent dans le salon.]

MolVik étend les bras et murmure. — Loué soit le Seigneur ! tu deviendras poussière ; tu deviendras poussière.

Relling, à voix basse. — Ferme ça, imbécile [Écrit d’abord : Molvik] ; tu es saoul. [Biffé : Descends.]

(Hjalmar et Gina emportent le corps [Écrit d’abord : dans le salon] par la cuisine.)

Relling ferme la porte derrière eux, s'approche de Gregers et dit : — Ceci n'est pas un accident.

Gregers. — En êtes-vous bien sûr?

Relling. — Pas de doute ; d'après la façon dont la charge a brûlé le corsage... elle a appuyé le pistolet contre sa poitrine et tiré.

Gregers. — Je crois presque que ça s'est passé ainsi.

Relling. — Et pouvez-vous dire que vous n'avez aucune responsabilité?

Gregers. — Je voulais le mieux.

Relling. — Oui. Vous vouliez créer ce que vous appelez un vrai mariage dans cette maison, et vous combinez le calcul avec le mari et la femme, mais l'enfant, [Écrit d’abord : vous l'oubliez] vous passez un trait dessus.

Gregers. — Elle ne supportait pas la lumière de la vérité ; elle lui blessait les yeux.

Relling. — La vérité est peu saine pour la plupart des gens. Enlevez [Écrit d’abord : Imag...] le mensonge d'une relation, vous enlevez le bonheur du même coup.

Gregers. — Si c'était exact, ce ne serait pas la peine de vivre.

Relling. — Trouvez-vous donc que vivre a tant d'importance.

Gregers. — Pas moi ; au contraire ; mais je ne suis pas non plus résolu à vivre; j’ai une autre tâche?

Relling. — Quelle est cette tâche.

Gregers. — D'être le treizième à table. (Il sort.) Relling. — Oh, du diable si je le crois.

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