‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 161 sur 300 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

A la fête de V Association des Étudiants de Copenhague pour les étudiants de première année , le 3 octobre 1885.

Je n'ai pas l’intention de prononcer un discours, mais seulement de faire une déclaration. Je veux être toute ma vie un étudiant de première année. Le jour où je ne le serai pas, je ne m’estimerai pas digne de vivre.

Cela me contrarie fort d’entendre si souvent mon nom prononcé si haut. Je recherche surtout la solitude, et j’éprouve toujours un besoin de protester lorsqu’on propose un skaal pour un artiste ou un poète en disant : le voilà, et les autres sont loin là-bas. Le remerciement qui s’adresse à moi enferme une approbation. Si mon existence a eu quelque valeur, comme vous le dites, cela vient de ce qu’il y a parenté entre moi et l’époque. Il n’y a pas d’abîme entre celui qui produit et celui qui reçoit. Il y a parenté entre les deux ; je vous remercie pour la parenté que j’ai trouvée dans ce milieu.

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