‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 196 sur 300 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MADAME HELSETH, du dehors.

Bien, mademoiselle. Je vais le faire.

REBEKKA, ouvre la porte du vestibule .

Ah! enfin... ! Soyez le bienvenu, cher proviseur!

KROLL, dans le vestibule , dépose sa canne.

Merci. Alors, je ne vous dérange pas?

REBEKKA

Vous? Vous n'avez pas honte... !

Toujours aimable.

KROLL, entre.

(Il regarde autour de lui,)

Rosmer est peut-être en haut dans sa chambre?

REBEKKA

Non, il est dehors en promenade. Il Ta faite un peu plus longue que d’habitude. Mais il va sûrement arriver dans un instant.

(Elle indique le canapé.)

Veuillez prendre place en attendant.

Merci.

KROLL, dépose son chapeau.

(Il s’assied et regarde autour de lui.)

Oh ! comme vous avez joliment arrangé ce vieux salon. Des fleurs de tous les côtés.

Rosmer aime tant avoir autour de lui des fleurs fraîches. KROLL

Vous l’aimez aussi, je pense.

REBEKKA

Oui, je trouve qu'elles vous enivrent délicieusement. Autrefois nous devions nous refuser ce plaisir.

KROLL, tristement , avec un signe de tête.

La pauvre Beate ne supportait pas le parfum. REBEKKA

Les couleurs non plus. Elle était tout étourdie...

KROLL

Je me le rappelle bien.

(D'un ton plus léger.)

Et comment va-t-on ici?

REBEKKA

Oh ! tout suit ici son train paisible et régulier. Un jour est comme l'autre... Et chez vous? Votre femme?

KROLL

Oh ! chère mademoiselle West, ne parlons pas de ce qui me concerne. Dans une famille, toujours il y a ceci ou cela qui vient à contretemps. Surtout par les temps que nous vivons.

REBEKKA, au bout d'un moment, s'assied sur un fauteuil près du canapé.

Pourquoi n'êtes-vous pas venu nous voir une seule fois pendant toutes les vacances?

KROLL

Voyons, il ne faut pas importuner...

REBEKKA

Si vous saviez comme vous nous avez manqué...

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