ACTE PREMIER
MADAME HELSETH
Si, je crois qu’il a dit s'appeler Hekman, ou quelque chose comme ça.
ROSMER
Je ne connais personne de ce nom.
Et puis il a dit qu’il s'appelle aussi Uldrik.
ROSMER, interdit.
Ulrik Hetman ! C'est bien ça?
MADAME HELSETH Oui, Hetman, c'était.
KROLL
J’ai sûrement déjà entendu ce nom...
REBEKKA
Oui, c'est le nom sous lequel écrivait d'habitude ce singulier...
ROSMER, à KrolL
C'est le pseudonyme d'Ulrik Brendel, tu sais.
KROLL
Ulrik Brendel, ce vaurien. Parfaitement.
REBEKKA
Alors, il vit encore.
ROSMER
Je croyais qu’il circulait avec une troupe de comédiens.
KROLL
La dernière fois que j’ai entendu parler de lui, il était en prison.
ROSMER
Priez-le d'entrer, madame Helseth.
Bien, bien.
MADAME HELSETH
(Elle sort.)
KROLL
Vas-tu vraiment tolérer cet individu dans ton salon?
ROSMER
Ah ! tu sais bien qu'il a été un moment mon précepteur.
KROLL
Oui, je sais bien qu'il a été ici et t'a bourré la tête d'opinions séditieuses, et que ton père l'a mis à la porte à coups de cravache.
ROSMER, avec quelque amertume.
Père était chef d'escadron jusqu'en sa propre maison.
KROLL
Tu peux l'en remercier dans sa tombe, mon cher Rosmer. Allons !
(Mme Helseth ouvre la porte de droite à Ulrik Brendel et la ferme derrière lui. C'est un homme de belle prestance , un peu émacié , mais vif et alerte , à barbe et cheveux gris . Du restey il est vêtu comme un vagabond ordinaire. Veste élimée ; mauvaises chaussures; on ne voit pas de chemise; il porte de vieux gants noirs; un chapeau moti sale est plié sous son bras et il a une baguette à la main.)
ULRIK BRENDEL, d'abord incertain , se dirige vivement vers le proviseur et tend la main.
Bonsoir, Johannes.
Pardon...
KROLL