‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 207 sur 300 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BRENDEL

Te serais-tu attendu à me revoir? Et cela, entre ces murs détestés?

KROLL

Pardon...

(Il désigne du doigt.)

C’est là...

BRENDEL, se tourne .

C’est juste. Le voilà. Johannes,... mon garçon,... toi que j’ai le plus aimé... !

ROSMER, lui tend la main .

Mon vieux maître.

Malgré certains souvenirs, je ne voulais tout de même pas passer devant Rosmersholm sans faire une rapide visite.

ROSMER

Vous êtes ici cordialement le bienvenu à présent. Soyez-en sûr.

BRENDEL

Ah ! cette dame charmante...?

(Il salue.)

Madame la doyenne, évidemment.

ROSMER

Mademoiselle West.

BRENDEL

Probablement une proche parente. Et cet inconnu... r Un collègue, je le vois.

Le proviseur Kroll.

ROSMER

BRENDEL

Kroll? Kroll? Attendez un peu. Avez-vous étudié la philologie en votre jeune temps?

Oui, bien entendu.

BRENDEL

Mais, Donnerwetter , alors je t'ai connu !

KROLL

Pardon...

BRENDEL

N'étais-tu pas...

KROLL

Pardon...

BRENDEL

... un de ces gardiens de la vertu qui m'ont fait exclure de la société des conférences?

KROLL

C'est bien possible. Mais je proteste contre toute familiarité.

BRENDEL

Bien, bien ! Nach Belieben, herr doktor. Ça revient au même pour moi. Ulrik Brendel reste quand même l'homme qu'il est.

REBEKKA

Vous vous proposez sans doute d'aller en ville, monsieur Brendel?

BRENDEL

Madame la pastoresse a deviné. De temps en temps, je suis obligé de frapper un coup pour l'existence. Je ne le fais pas volontiers ; mais... enfin ... la nécessité pressante...

Page 1