‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 211 sur 300 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ROSMER

C’est tout !

BRENDEL

Car, vois- tu, je voyage à pied... cette fois-ci. Ma valise sera envoyée plus tard.

ROSMER

Parfaitement. Mais n’y a-t-il rien d’autre...?

BRENDEL

Oui, tu ne sais pas,... tu as peut-être une vieille redingote d’été dont tu pourrais te passer?

ROSMER

Oui, oui, certainement.

BRENDEL

Et s’il y avait une paire de souliers convenable allant avec la redingote...

ROSMER

On pourra bien trouver ça. Aussitôt que nous aurons l'adresse, nous y enverrons les objets.

BRENDEL

Pas du tout. Pas de dérangement pour moi ! J’emporterai ces bagatelles.

Bien, bien. Alors voulez-vous monter avec moi là-haut. REBEKKA

Non, laissez-moi faire. Moi et madame Helseth, nous allons arranger ça.

BRENDEL

Jamais je ne permettrai qu’une dame si distinguée !... t. xiii. 33

REBEKKA

Oh ! voyons ! Vous n’avez qu’à venir, monsieur Brendel.

(Elle sort à droite.)

ROSMER, le retient .

Dites-moi,... n’y a-t-il rien de plus que je puisse faire pour vous?

BRENDEL

Je ne sais vraiment pas ce que ce pourrait être. Si, sacrebleu,... j’y pense!... Johannes,... as-tu par hasard huit couronnes sur toi?

ROSMER

Je vais voir.

(Il ouvre son porte-monnaie.)

J’ai là deux billets de dix couronnes.

Bien, bien, peu importe. Je peux les prendre. Je pourrai toujours les changer en ville. Rappelle-toi que c’est deux billets de dix que j’ai reçus. Bonne nuit, mon cher garçon. Bonne nuit, très honoré monsieur.

(Il va vers la droite , où Rosmer prend congé de lui et ferme la porte derrière lui.)

KROLL

Grand Dieu ; voilà donc ce Ulrik Brendel, qui devait, croyait-on autrefois, donner quelque chose de grand dans le monde.

ROSMER, tranquillement .

Il a eu du moins le courage de vivre à sa guise. Je trouve que ce n’est pas si peu.

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