‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 215 sur 300 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

bation méprisante contre les adversaires... Oh! Kroll,... dire que tu as pu, toi, changer ainsi ! Alors le devoir m’est apparu irrécusable. Les gens deviennent méchants dans la lutte qui se livre. Il faut ici du calme, de la joie, de la mansuétude dans les esprits. C’est pourquoi je me présente et déclare ouvertement ce que je suis. Et puis j’essayerai mes forces, moi aussi. Ne pourrais-tu pas... de ton côté... prendre part à cela, Kroll?

KROLL

Jamais de la vie je n’entrerai en composition avec les forces destructives de la société.

ROSMER

Alors, combattons du moins avec des armes courtoises,... puisqu’il faut en venir là.

KROLL

Quiconque n’est pas avec moi dans les questions essentielles, je ne le connais plus. Et je ne lui dois aucun ménagement.

ROSMER

Cela s’applique-t-il à moi aussi?

KROLL

C’est toi-même qui as rompu avec moi, Rosmer.

ROSMER

Mais est-ce donc une rupture?

KROLL

Ça ! C’est une rupture avec tous tes amis. Maintenant tu en subiras les conséquences.

(Rebekka West arrive de droite et ouvre la porte toute grande.)

REBEKKA

Voilà ; il est maintenant en route pour son grand sacrifice. Et nous pouvons nous mettre à table. Venez, monsieur le proviseur.

KROLL, prend son chapeau.

Bonsoir, mademoiselle West. Je n'ai plus rien à faire

REBEKKA, surprise.

Qu’est-ce qu’il y a?

Avez-vous parlé?

(Elle ferme la porte et se rapproche.)

ROSMER

Il le sait maintenant.

KROLL

Nous ne te lâcherons pas, Rosmer. Nous te forcerons à revenir à nous.

ROSMER

Je n’y reviendrai jamais.

KROLL

Nous verrons. Tu n’es pas homme à supporter d’être seul.

ROSMER

Je ne suis pas tellement seul... Nous sommes deux à supporter la solitude ici.

Ah!...

KROLL

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