ACTE PREMIER
bation méprisante contre les adversaires... Oh! Kroll,... dire que tu as pu, toi, changer ainsi ! Alors le devoir m’est apparu irrécusable. Les gens deviennent méchants dans la lutte qui se livre. Il faut ici du calme, de la joie, de la mansuétude dans les esprits. C’est pourquoi je me présente et déclare ouvertement ce que je suis. Et puis j’essayerai mes forces, moi aussi. Ne pourrais-tu pas... de ton côté... prendre part à cela, Kroll?
KROLL
Jamais de la vie je n’entrerai en composition avec les forces destructives de la société.
ROSMER
Alors, combattons du moins avec des armes courtoises,... puisqu’il faut en venir là.
KROLL
Quiconque n’est pas avec moi dans les questions essentielles, je ne le connais plus. Et je ne lui dois aucun ménagement.
ROSMER
Cela s’applique-t-il à moi aussi?
KROLL
C’est toi-même qui as rompu avec moi, Rosmer.
ROSMER
Mais est-ce donc une rupture?
KROLL
Ça ! C’est une rupture avec tous tes amis. Maintenant tu en subiras les conséquences.
(Rebekka West arrive de droite et ouvre la porte toute grande.)
REBEKKA
Voilà ; il est maintenant en route pour son grand sacrifice. Et nous pouvons nous mettre à table. Venez, monsieur le proviseur.
KROLL, prend son chapeau.
Bonsoir, mademoiselle West. Je n'ai plus rien à faire
REBEKKA, surprise.
Qu’est-ce qu’il y a?
Avez-vous parlé?
(Elle ferme la porte et se rapproche.)
ROSMER
Il le sait maintenant.
KROLL
Nous ne te lâcherons pas, Rosmer. Nous te forcerons à revenir à nous.
ROSMER
Je n’y reviendrai jamais.
KROLL
Nous verrons. Tu n’es pas homme à supporter d’être seul.
ROSMER
Je ne suis pas tellement seul... Nous sommes deux à supporter la solitude ici.
Ah!...
KROLL