‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 244 sur 300 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

REBEKKA

Vous pouvez bien le penser. Avec sa nature sensible...

KROLL

Je croyais qu'un homme soi-disant libéré savait s’affranchir de tous scrupules... Mais enfin, voilà ! Oh ! oui,... je le savais bien, au fond. Le descendant des hommes qui nous regardent ici,... ne peut se débarrasser de l’héritage inaliénable transmis de génération en génération.

REBEKKA, pensive , les yeux baissés.

Johannes Rosmer tient à sa famille par de profondes racines. C’est bien certain.

Oui, et vous auriez dû en tenir compte, si vous aviez eu quelque affection pour lui. Mais vous ne pouviez sûrement tenir compte de rien de ce genre. Avec un point de départ aussi prodigieusement différent du sien.

REBEKKA

A quel point de départ pensez- vous?

KROLL

Je pense à vos origines. A votre naissance,... mademoiselle West.

REBEKKA

Ah ! bien. Oui, c’est très vrai,... je suis sortie d’un milieu très médiocre. Mais tout de même...

KROLL

Ce n’est pas à la condition sociale que je fais allusion. Je pense aux conditions morales.

REBEKKA

Conditions...? Quelles conditions?

KROLL

Celles qui ont amené votre naissance.

REBEKKA

Qu'est-ce que vous dites là !

Je dis cela seulement parce que cela explique toute votre conduite.

REBEKKA

Je ne comprends pas. Je veux une explication complète. KROLL

Je croyais vraiment que vous étiez complètement au fait. Sans quoi il serait singulier que vous vous soyez fait adopter par le docteur West...

REBEKKA, se lève .

Ah ! bien. Maintenant je comprends.

KROLL

... que vous ayez pris son nom. Votre mère s'appelait Gamvik.

REBEKKA, arpente la pièce.

Mon père s'appelait Gamvik, monsieur le proviseur. KROLL

Le métier de votre mère devait la mettre continuellement en relation avec le médecin du district.

C'est exact.

REBEKKA

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