‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 247 sur 300 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

par l'élite de la société. C’est trop dur à supporter pour un homme comme lui.

REBEKKA

Il faut qu'il le supporte ! Il est trop tard pour reculer.

KROLL

Pas du tout trop tard. Pas le moins du monde. Ce qui est arrivé,... on peut le taire, ou du moins l’interpréter comme un égarement regrettable, mais purement passager. Seulement... une mesure est indispensable à prendre.

REBEKKA

Et quelle est cette mesure?

KROLL

Il faut que vous le décidiez à légaliser la situation, mademoiselle West.

La situation entre lui et moi?

KROLL

Oui. Vous devrez tâcher de l'y décider.

REBEKKA

Vous ne pouvez donc absolument pas renoncer à croire que notre situation a besoin d’être... légalisée, comme vous dites?

KROLL

Je n’examinerai pas la question de plus près. Mais je crois, en effet, avoir observé que s’il est facile de rompre avec tous les prétendus préjugés, c’est surtout dans les... hm !

REBEKKA

C’est dans les relations entre homme et femme, vous voulez dire?

KROLL

Oui,... franchement,... je le crois.

REBEKKA, traverse la salle et regarde par la fenêtre .

J’ai presque envie de dire,... que n'avez-vous eu raison, proviseur Kroll !

Qu'entendez-vous par là? Vous le dites d’un ton singulier.

REBEKKA

Ah bah ! Ne parlons plus de tout cela... Ah !... le voici.

KROLL

Déjà! Alors, je m’en vais.

REBEKKA, s’avance vers lui.

Non,... restez. Car vous allez entendre quelque chose.

KROLL

Pas maintenant. Je crois que je ne supporte pas de le voir.

REBEKKA

Je vous en prie,... restez. Ne partez pas. Sinon, vous le regretteriez plus tard. C’est la dernière fois que je vous demande quelque chose.

KROLL, la regarde , étonné , et pose son chapeau .

C’est bien, mademoiselle West. Je resterai donc.

( Un moment de silence. Rosmer entre par le vestibule.)

Page 1