ACTE IV
ROSMER
Pourquoi pas? Qu’est-ce que cette loi sous laquelle tu dis que tu...
REBEKKA
Mon cher, ne parlons pas de cela maintenant... A quoi en êtes-vous venus, toi et le proviseur?
ROSMER
Nous avons fait la paix.
REBEKKA
Vraiment. C’en est donc venu là?
ROSMER
Il a réuni chez lui tout notre vieux groupe d’amis. Ils m’ont rendu évident que le travail pour ennoblir les esprits,... ce n’est pas du tout mon affaire... Et c’est, de plus, une cause vouée à l’échec, vois-tu... J’y renonce.
REBEKKA
Oui, oui. C’est peut-être le mieux.
ROSMER
Tu dis cela maintenant? Est-ce devenu ton avis?
Je suis arrivée à le penser. En ces deux derniers jours.
Tu mens, Rebekka.
REBEKKA
Je mens !...
ROSMER
Oui, tu mens. Tu n’as jamais cru en moi. Jamais tu n as cru que j’étais homme à faire triompher cette cause.
REBEKKA
J'ai cru que nous deux ensemble, nous en serions capables.
ROSMER
Ce n'est pas vrai. Tu as cru que, toi-même, tu pourrais accomplir quelque chose de grand dans la vie. Que tu pourrais te servir de moi pour ce que tu voulais faire. Que je pouvais être utile à tes projets. C'est cela que tu as cru.
REBEKKA
Eh bien! écoute, Rosmer...
ROSMER, se laisse tomber sur le canapé .
Oh ! laisse donc. Je comprends tout maintenant. J'ai été comme un gant pour ta main.
REBEKKA
Écoute, Rosmer. Parlons de cela. Ce sera la dernière fois.
(Elle s’assied sur une chaise près du canapé.)
J'avais pensé t'écrire sur tout cela,... une fois revenue dans le Nord. Mais sans doute vaut-il mieux que tu le saches tout de suite.
ROSMER
As-tu de nouveaux aveux à faire?
REBEKKA
Il reste le grand aveu.
ROSMER
Quel grand?
REBEKKA
Ce dont tu ne t'es jamais douté. Ce qui jette lumière et ombre sur tout le reste.