‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 29 sur 300 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

(Il écarte un peu une moitié de la porte du fond.)

Chut !

( Il jette un coup d'œil et referme la porte doucement.)

Hé-hé ! Ils dorment tous. Et lui-même s’est couché dans le panier. Hé-hé !

Es-tu sur qu il n aura pas froid dans ce panier, grandpère?

EKDAL

Penses-tu? Froid? Dans toute cette paille?

( 11 se dirige vers la seconde porte à gauche.)

Je trouverai bien des allumettes?

GINA

Les allumettes sont sur la commode.

(Ekdal entre dans sa chambre.) HEDVIG

C’est excellent que grand-père ait eu à copier autant.

GINA

Oui, le pauvre vieux père, il gagne ainsi un peu d’argent de poche.

HEDVIG

Et il ne peut pas rester toute la matinée dans le restaurant de cette vilaine madame Eriksen.

GINA

Cela aussi, oui.

(Court silence.)

HEDVIG

Crois-tu qu’ils soient encore à table?

GINA

Dieu le sait ; ça se peut bien.

HEDVIG

Pense à tous les plats délicieux que père doit manger î Je suis sûre qu'il sera enchanté quand il arrivera. Tu ne crois pas, mère?

GINA

Oui ; mais pense, si nous pouvions lui dire que nous avons loué la chambre.

HEDVIG

Mais ce n'est pas nécessaire ce soir.

GINA

Oh ! ça ne ferait pas de mal, tu sais. La chambre est là, qui ne sert à rien.

HEDVIG

Non, je dis que ce n'est pas nécessaire, parce que père, ce soir, sera toujours de bonne humeur. Il vaut mieux que la chambre soit louée une autre fois.

GINA, la regarde.

Tu es contente d'avoir quelque chose de bon à dire à père, quand il rentre le soir?

HEDVIG

Oui, car tout devient ici plus agréable.

GINA, réfléchissant.

Oui, il y a du vrai là-dedans.

(Le vieil Ekdal rentre et se dirige vers la première porte à gauche.)

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