ACTE II
(Il écarte un peu une moitié de la porte du fond.)
Chut !
( Il jette un coup d'œil et referme la porte doucement.)
Hé-hé ! Ils dorment tous. Et lui-même s’est couché dans le panier. Hé-hé !
Es-tu sur qu il n aura pas froid dans ce panier, grandpère?
EKDAL
Penses-tu? Froid? Dans toute cette paille?
( 11 se dirige vers la seconde porte à gauche.)
Je trouverai bien des allumettes?
GINA
Les allumettes sont sur la commode.
(Ekdal entre dans sa chambre.) HEDVIG
C’est excellent que grand-père ait eu à copier autant.
GINA
Oui, le pauvre vieux père, il gagne ainsi un peu d’argent de poche.
HEDVIG
Et il ne peut pas rester toute la matinée dans le restaurant de cette vilaine madame Eriksen.
GINA
Cela aussi, oui.
(Court silence.)
HEDVIG
Crois-tu qu’ils soient encore à table?
GINA
Dieu le sait ; ça se peut bien.
HEDVIG
Pense à tous les plats délicieux que père doit manger î Je suis sûre qu'il sera enchanté quand il arrivera. Tu ne crois pas, mère?
GINA
Oui ; mais pense, si nous pouvions lui dire que nous avons loué la chambre.
HEDVIG
Mais ce n'est pas nécessaire ce soir.
GINA
Oh ! ça ne ferait pas de mal, tu sais. La chambre est là, qui ne sert à rien.
HEDVIG
Non, je dis que ce n'est pas nécessaire, parce que père, ce soir, sera toujours de bonne humeur. Il vaut mieux que la chambre soit louée une autre fois.
GINA, la regarde.
Tu es contente d'avoir quelque chose de bon à dire à père, quand il rentre le soir?
HEDVIG
Oui, car tout devient ici plus agréable.
GINA, réfléchissant.
Oui, il y a du vrai là-dedans.
(Le vieil Ekdal rentre et se dirige vers la première porte à gauche.)