ACTE II
IOI
GINA, se tournant à demi sur sa chaise.
Grand-père veut quelque chose dans la cuisine?
EKDAL
Oui. Ne te dérange pas.
GINA
(Il sort.)
Pourvu qu'il ne fourrage pas dans la braise?
( Elle attend un moment.)
Hedvig, va voir ce qu'il fait.
(Ekdal rentre avec nn petit pot d'eau bouillante,)
HEDVIG
Tu prends de l’eau chaude, grand-père?
EKDAL
Oui. En ai besoin. Faut que j’écrive, et l’encre s’est épaissie comme de la bouillie,... hm !
Mais grand-père devrait d’abord souper. Le repas est là.
EKDAL
Pas besoin de souper, Gina. J’ai beaucoup de travail, je te dis. Je ne veux pas qu’on vienne dans ma chambre. Personne,... hm !
(Il entre dans sa chambre. Gina et Hedvig se regardent.)
GINA, à voix basse .
Peux-tu comprendre, toi, où il a trouvé de l’argent.
HEDVIG
Il l’a sûrement reçu de Graaberg.
GINA
Oh! pas du tout. Graaberg m'envoie toujours l’argent. HEDVIG
Alors il doit avoir pris une bouteille à crédit quelque part.
GINA
Pauvre vieux père, on ne lui donne rien à crédit.
( Hjalmar Ekdal , en pardessus et chapeau de feutre gris t eyitre par la droite .)
GINA jette son ouvrage et se lève.
Non, te voilà déjà, Ekdal !
HEDVIG, en même temps , levée d*un bond.
Tu arrives déjà, père !
HJALMAR, pose son chapeau .
Oui, la plupart des gens sont partis.
HEDVIG
De si bonne heure? •
HJALMAR
Oui, puisque c’était un dîner.
(Il veut enlever son pardessus.)
Que je t’aide.
Moi aussi.
GINA
HEDVIG
( Elles lui ôtent son pardessus; Gina V accroche au mur du fond.)
Y avait-il beaucoup de monde, père?