‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 38 sur 300 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

HJALMAR, s* avançant vers lui.

Père, il y a quelqu'un. Gregers Werle... Je ne sais pas si tu te le rappelles.

EKDAL, regarde Gregers , qui s'est levé.

Werle? Est-ce le fils? Qu'est-ce qu’il me veut? HJALMAR

Rien du tout ; c’est moi qu’il vient voir.

EKDAL

Bon, alors il ne se passe rien?

HJALMAR

Non, rien, certainement.

EKDAL, balançant les bras.

Ce n'est pas ça, vois-tu ; je n'ai pas peur, mais...

GREGERS, s'approchant de lui.

Je voulais seulement vous donner des nouvelles des vieux terrains de chasse, lieutenant Ekdal.

EKDAL

Les terrains de chasse?

GREGERS

Oui, là-haut, autour de l’usine de Hoydal.

EKDAL

Ah ! là-haut. Oui, je les connaissais bien autrefois. GREGERS

Vous étiez alors un rude chasseur.

EKDAL

Je l’étais, oui. Ça se peut. Vous regardez mon équipement. Je ne demande à personne la permission de le porter ici, à la maison. Pourvu que je n’aille pas dans les rues avec...

( Hedvig apporte une assiette de tartinesy qu’elle pose sur la table,)

HJALMAR

Assieds-toi, père, et prends un verre de bière. Assieds-toi, Gregers.

(Ekdal marmonne et trébuche vers le canapé . Gre gers s’assied sur la chaise à côté de lui , Hjalmar de Vautre côté de Gregers. Gina s’assied à quelque distance de la table et coud; Hedvig reste debout près de son père,)

GREGERS

Vous souvenez- vous, lieutenant Ekdal, des visites que nous vous faisions, Hjalmar et moi, en été et à Noël?

EKDAL

Vraiment? Non, non, je ne me rappelle pas. Mais j'ose bien dire que j’ai été un fameux chasseur, moi. J’ai tiré aussi des ours. J’en ai tiré jusqu’à neuf.

GREGERS, le regardant avec compassion .

Et maintenant vous ne chassez jamais plus.

EKDAL

Oh 1 faut pas dire ça. Je chasse tout de même quelquefois. Oh ! pas comme ça, non. Car la forêt, voyez- vous,... la forêt, la forêt... !

(Il boit.)

Comment est la forêt maintenant, là-haut?

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