ACTE III
GINA
Oui, il voulait tout faire lui-même, il disait. Il devait donc aussi charger le poêle ; et il a fermé la clef du tuyau, en sorte que la chambre est toute enfumée. Ouf, ça puait là-dedans...
HJALMAR
Allons donc.
GINA
Mais il y a mieux ; c’est qu’il a voulu éteindre, et il a versé tout le pot à eau dans le poêle, si bien que le parquet est dégoûtant.
HJALMAR
C’est ennuyeux.
GINA
J’ai fait monter la femme du portier pour nettoyer ce qu’a fait ce cochon-là ; mais on ne pourra pas se tenir dans la chambre avant cet après-midi.
HJALMAR
Qu’est-ce qu’il est devenu en attendant?
GINA
Il est sorti un peu, il a dit.
HJALMAR
Je suis aussi entré chez lui un instant... après que tu es sortie.
GINA
Je t’ai entendu. Tu l’as invité à déjeuner.
HJALMAR
Rien qu’un petit déjeuner du matin, tu comprends. C’est le premier jour... ; nous ne pouvons guère éviter ça. Tu as bien quelque chose dans la maison.
GINA
Je tâcherai de trouver.
HJALMAR
Mais que ce ne soit pas trop juste. Car Relling et Molvik viendront aussi, je crois. J'ai rencontré Relling dans l'escalier, vois-tu, alors il m'a bien fallu...
GINA
Comment, nous aurons ces deux-là aussi?
HJALMAR
Mon Dieu,... deux de plus ou de moins, ça ne fait pas de différence.
LE VIEIL EKDAL, ouvre sa porte et regarde .
Écoute donc, Hjalmar...
(Apercevant Gina.)
Ah ! bon.
GINA
Vous voulez quelque chose, grand-père?
EKDAL
Oh ! non ; ça n'a pas d'importance. Hm !
(Il rentre chez lui,)
GINA, prend son panier.
Fais bien attention à lui, qu'il ne sorte pas.
HJALMAR
Oui, oui, je ferai attention... Écoute, Gina; un peu de salade de hareng, ce serait très bien ; car Relling et Molvik ont dû faire la bombe cette nuit.