ACTE III
GINA
Pourvu qu'ils ne me tombent pas dessus trop tôt... HJALMAR
Non, certainement pas ; prends ton temps.
GINA
Bien, bien ; et tu pourras travailler un peu en attendant. HJALMAR
Je suis là au travail ! Je travaille tant que je peux !
GINA
Comme ça, tu en seras débarrassé, vois-tu.
(Elle sort avec le panier dans la cuisine .) (Hjalmar reste un moment à badigeonner la photographie ; il traîne et travaille à contre-cœur,)
EKDAL, jette un coup d’œil circulaire , et dit à voix basse :
Dis donc, es-tu pressé?
HJALMAR
Oui, je suis là à m’éreinter sur ces photographies...
EKDAL
Bien, bien, parbleu...
Hm!
du moment que tu es si pressé...
(Il rentre; la porte reste ouverte ,)
HJALMAR, continue un moment sans mot dire; puis il pose le pinceau et va jusqu’à la porte.
Es-tu pressé, père?
EKDAL, dans sa chambre , grommelant .
Si tu es pressé, je suis pressé aussi. Hm !
HJALMAR
Il me semble que tu étais en train d’écrire.
EKDAL
Graaberg ne peut-il pas attendre un jour ou deux, que diable? Il n’y va pas de la vie, je pense.
HJALMAR
Non, et tu n’es pas non plus un esclave.
EKDAL
Et puis, il y a l’autre chose, là dedans.
HJALMAR
Oui, justement. Tu veux y aller peut-être? Faut-il que je t’ouvre?
EKDAL
C’est pas de refus.
HJALMAR, se lève.
Comme ça, nous en serions débarrassés.
EKDAL
C’est ça, oui. Faut que ce soit fait pour demain matin. Car c’est bien demain? Hm?
HJALMAR
Parfaitement, c’est demain.