‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 52 sur 300 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

GREGERS, tourné vers le grenier.

A la lumière du jour, l’aspect est tout autre qu'hier au clair de lune.

HEDVIG

Oui, ça peut varier beaucoup. Le matin, ce n'est pas comme l'après-midi ; et quand il pleut, ce n'est pas comme lorsqu'il fait beau.

Vous avez remarqué cela?

HEDVIG

Oui, car ça se voit.

GREGERS

Et vous tenez-vous volontiers là dedans, auprès du canard sauvage?

HEDVIG

Oui, quand il y a moyen, je...

GREGERS

Mais vous n'avez peut-être pas beaucoup de temps libre ; vous allez sans doute à l'école.

HEDVIG

Non, plus maintenant ; père craint que je m'abîme les yeux.

GREGERS

Bon, alors il vous donne lui-même des leçons.

HEDVIG

Père a promis de m’en donner ; mais il n'a pas encore eu le temps.

Mais n'y a-t-il donc personne pour s'occuper un peu de vous?

HEDVIG

Si, le licencié Molvig ; mais il n'est pas toujours... bien... GREGERS

Est-ce qu'il est ivre?

HEDVIG

Pour sûr.

GREGERS

Alors, vous avez du temps de reste. Et là dedans, c'est sans doute comme un monde à part, là,... j'imagine.

HEDVIG

Tout à fait à part. Et il y a tant de choses merveilleuses. GREGERS

Vraiment?

HEDVIG

Oui, il y a de grandes armoires avec des livres ; et beaucoup des livres ont des images.

GREGERS

Aha!

HEDVIG

Et puis il y a un vieux secrétaire avec des tiroirs et des abattants, et une grande pendule avec des personnages qui devraient s'avancer. Mais la pendule ne va plus.

GREGERS

Alors, le temps s'est arrêté là dedans... chez le canard sauvage.

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