ACTE III
GREGERS
Comment?
Tu vas à la chasse, Hjalmar?
(A Ventrée du grenier.)
HJALMAR, de Vautre côté du filet .
Tu es arrivé? Je ne savais pas ; je suis si occupé...
(A Hedvig.)
Et toi qui ne nous préviens pas !
(Il entre dans Vatelier.)
GREGERS
Tu tires des coups de feu dans le grenier?
HJALMAR, montrant un pistolet à deux coups.
Oh ! c'est seulement avec ça.
GINA
Oui, toi et grand-père, vous finirez par faire un malheur avec ce pissolet.
HJALMAR, vexé.
Je crois avoir déjà dit que cette arme s'appelle un pistolet.
GINA
Oh ! ce n'est pas beaucoup mieux, je trouve.
GREGERS
Alors, tu es devenu chasseur, toi aussi, Hjalmar? HJALMAR
Rien qu'un peu de chasse au lapin de temps en temps. C’est surtout pour père, tu comprends.
GINA
Les hommes sont drôles ; il leur faut toujours de quoi se départir.
HJALMAR, hargneux.
Oui, c'est bien ça ; il nous faut toujours de quoi nous divertir.
GINA
Oui, c'est précisément ce que je dis.
HJALMAR
Enfin ! Hm !
(A Gregers.)
Oui, vois-tu ; et c’est une chance que le grenier soit situé de telle façon que personne ne peut entendre quand nous tirons.
(Il pose le pistolet sur le rayon supérieur de la bibliothèque.)
Ne touche pas au pistolet, Hedvig. L’un des canons est chargé ; souviens-t’en.
GREGERS, regardant par le -filet .
Tu as aussi un fusil de chasse, je vois.
HJALMAR
C'est le vieux fusil de père. On ne peut plus tirer avec. Il y a quelque chose de détraqué au chien. C'est tout de même amusant de l'avoir ; car nous pouvons le démonter de temps en temps, le nettoyer, le graisser avec du suif et le revisser... Bien entendu, c’est surtout père qui s’occupe de ça.
HEDVIG, auprès de Gregers.
Maintenant vous pouvez bien voir le canard sauvage.