ACTE III
d’avoir encore en poche la « créance de l’idéal » sans diminution.
GREGERS
C’est dans mon cœur que je l’ai.
RELLING
Bon, où que vous l’ayez, par le diable, je ne vous conseille pas de chercher à la recouvrer, tant que je suis là, moi.
GREGERS
Et si je le fais tout de même?
RELLING
Alors vous descendrez l’escalier la tête la première ; vous voilà prévenu.
HJALMAR, se lève.
Non, mais, Relling !
GREGERS
Oui, jetez-moi dehors, et...
GINA, s’interposant.
On ne vous laissera pas faire, Relling. Mais je dois vous dire, monsieur Werle, que vous qui avez fait tant de saletés avec votre poêle, vous ne devriez pas venir me parler de puanteur.
(On frappe à la porte d’entrée.)
HEDVIG
Maman, on frappe. *
HJALMAR
Voilà ; nous allons aussi avoir la procession, maintenant !
Bon, je vais...
GINA
Oh, là là !
(Elle va ouvrir la porte , a un stirsaut de surprise , et recule.)
(Le négociant Werle , en pelisse , fait un pas dans la salle.)
Excusez-moi ; mais il paraît que mon fils habite ici.
GIN A, retenant sa respiration.
Oui.
HJALMAR, s'approche.
Voulez-vous prendre la peine, monsieur le négociant,...
WERLE
Merci ; je voudrais seulement parler à mon fils. GREGERS
Oui, qu'y a-t-il? Me voici.
WERLE
Je voudrais te parler dans ta chambre.
GREGERS
Dans ma chambre... bien...
(Il va pour sortir.)
GINA
Non, Dieu sait qu'elle n'est pas en état...
WERLE
Eh bien ! alors, sur le palier ; je voudrais te parler têteà-tête.
HJALMAR
Vous pouvez le faire ici, monsieur le négociant. Viens au salon, Relling.