ACTE IV
HJALMAR
Dans le marais des réticences, oui.
GINA
Oh! l'affreux individu, qui s'est introduit dans cette maison !
HJALMAR
Moi aussi, je trouvais qu'on était bien au foyer. C'était une illusion. Comment aurai- je maintenant le ressort nécessaire pour amener la découverte au monde de la réalité? Peut-être mourra-t-elle avec moi ; et alors, c'est ton passé, Gina, qui l'aura tuée.
GINA, sur le point de pleurer.
Non, il ne faut pas dire ça, Ekdal. Moi qui, toujours, n'ai rien voulu faire que pour ton bien.
HJALMAR
Je le demande,... que reste-t-il du rêve du père de famille? Quand j’étais étendu sur le canapé du salon, et méditais sur la découverte, je me doutais bien qu'elle absorberait mes dernières forces. Je sentais bien que le jour où je tiendrais le brevet,... ce jour-là serait... mon jour d'adieu. Et c'était mon rêve que tu resterais alors la veuve fortunée du défunt inventeur.
GINA, essuyant ses yeux.
Non, ne dis pas ça, Ekdal. Dieu fasse que je ne voie jamais le jour où je serais veuve !
HJALMAR
Oh ! qu’importe. Maintenant tout est fini quand même. Tout !
( Gregers Werle ouvre avec précaution la porte d’entrée , et regarde.)
Puis-je entrer?
Oui, arrive.
GREGERS
GREGERS, s’avance avec un visage rayonnant , les mains tendues.
Eh bien, chers amis... !
(Il les regarde tour à tour et chuchote à Hjalmav :)
Ce n'est donc pas fait encore?
C'est fait.
C'est fait?
HJALMAR, à voix haute .
GREGERS
HJALMAR
J'ai vécu l'heure la plus amère de ma vie.
GREGERS
Mais aussi la plus noble, je pense.
HJALMAR*
Enfin, pour le moment, nous sommes quittes de cela.
GINA
Dieu vous pardonne, monsieur Werle.
GREGERS, très étonné.
Mais je ne comprends pas ceci.
HJALMAR
Qu'est-ce que tu ne comprends pas?