‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 76 sur 300 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

GREGERS

Une si grande explication,... une explication sur laquelle doit être fondée une existence nouvelle,... une existence, une vie commune, en toute vérité, sans la moindre réticence.

HJALMAR

Oui, je sais ; je sais très bien.

GREGERS

Je me sentais si assuré qu'à mon entrée je serais tout de suite frappé par une radieuse transfiguration de l'époux et de l'épouse. Et je ne vois que cette lourde, morne, sombre...

GINA

Bien, voilà.

(Elle enlève V abat-jour.)

GREGERS

Vous ne pouvez pas me comprendre, madame Ekdal. Non, non ; à vous il faudra sans doute du temps pour... Mais toi, Hjalmar? Tu as dû t'élever à des vues plus hautes à la suite de cette grande explication.

HJALMAR

Oui, naturellement. C'est-à-dire,... dans une certaine mesure.

Car rien au monde peut-il être comparé avec la joie de pardonner à une pécheresse et de l'élever à soi par l'amour?

HJALMAR

Crois-tu qu'un homme se remet si vite après avoir avalé un si amer breuvage?

GREGERS

Non, pas un homme ordinaire ; c'est possible. Mais un homme comme toi.., !

HJALMAR

Oui, mon Dieu, je sais bien. Mais il faut me stimuler, Gregers. Il faudra du temps, vois-tu.

GREGERS

Tu as beaucoup du canard sauvage en toi, Hjalmar.

(Relling est entré par la porte du palier.) RELLING

Tiens ; il est encore question de le canard sauvage? HJALMAR

Oui, le trophée de chasse blessé à l'aile, du négociant Werle.

RELLING

Du négociant Werle...? C'est de lui que vous parlez? HJALMAR

De lui et... de nous autres.

RELLING, à mi-voix à Gregers.

Je voudrais vous voir au diable !

HJALMAR

Qu'est-ce que tu dis?

RELLING

J'exprime le vif désir que ce charlatan retourne chez lui. S'il reste ici, il est homme à vous démolir tous les deux.

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