ACTE IV
HJALMAR
Il n'y a tout de même pas de danger prochain pour ses yeux?
Ceci n'a rien à voir avec les yeux. Mais Hedvig est à un âge difficile. Elle peut inventer n'importe quoi d'absurde.
GINA
Oui, songez donc !... c'est bien ce qu'elle fait ! Elle s'est mise à faire un vilain remue-ménage dans le charbon de la cuisine. Elle appelle ça jouer à l'incendie. J'ai souvent peur qu'elle ne mette le feu à la maison.
RELLING
Voyez-vous; je savais bien.
GREGERS, à Relling .
Mais comment expliquez-vous cela?
RELLING, d’un ton bourru.
C'est l'âge ingrat, mon bon.
HJALMAR
Tant que l'enfant m'a encore...! Tant que je suis de ce monde... !
(On frappe à la porte.)
GINA
Chut ! Ekdal ; il y a du monde sur le palier. Entrez !
(Elle crie.)
( Mme Sôrby , en manteau , entre.)
Bonsoir.
GINA, allant à sa rencontre.
Non, c’est toi, Berta !
MADAME SÔRBY
Mais oui, c’est moi. Mais je dérange, peut-être? HJALMAR
Non, pas du tout ; un messager de la maison qui... MADAME SÔRBY, à Gina.
Franchement, j’avais espéré ne pas rencontrer tes hommes chez toi à cette heure-ci ; et je suis montée pour causer un peu avec toi et te dire adieu.
GINA
Ah? Tu vas partir?
MADAME SÔRBY
Oui, demain matin;... pour Hoydal. Monsieur Werle est parti cet après-midi.
(A Gregersf négligemment.)
J’ai à vous dire bien des choses de sa part.
GINA
Ah! vraiment...!
Alors monsieur Werle est parti? Et vous allez le rejoindre?
MADAME SÔRBY Oui, qu’en dites-vous, Ekdal?
HJALMAR
Je dis : Prenez garde !
GREGERS
Je vais t’expliquer. Mon père épouse madame Sorby.