ACTE V
(L atelier de Hjalmar Ekdal. Lumière matinale grise et froide ; de la neige fondante s'étend sur le toit vitré.)
Gma, en tablier à bavette , entre , venant de la cuisine , avec un torchon et un koussoir , et se dirige vers la porte du salon . A ce moment , Hedvig arrive rapidement du palier .)
Eh bien?
GINA, s'arrêtant.
Oui, maman, je crois bien qu’il est en bas chez Relling...
Ah, tu vois !
GINA
HEDVIG
... car la concierge a dit avoir entendu que Relling avait deux personnes avec lui, quand il est rentré cette nuit.
GINA
C'est bien ce que j'avais pensé.
HEDVIG
Mais ça n avance à rien, s'il ne veut pas monter chez nous.
GINA
Je vais au moins descendre et lui parler.
(Le vieil Ekdal , en robe de chambre et pantoufles , paraît à la porte de sa chambre .)
EKDAL
Dis donc, Hjalmar... Hjalmar n’est pas à la maison?
Non, il est sorti.
EKDAL
De si bonne heure? Et par cette furieuse tempête de neige? Bien, bien ; à ton aise ; je peux bien faire seul ma promenade du matin.
(Il fait glisser la porte du grenier ; Hedvig l’aide; U y entre ; elle ferme la porte derrière lui.)
HEDVIG, à mi-voix.
Pense donc, maman, quand le pauvre grand-père apprendra que père veut nous quitter.
GINA
Mais non ; il ne faut pas que grand-père en sache rien. C'est très heureux qu'il n'ait pas été à la maison, hier pendant tout ce brouhaha.
HEDVIG
Oui, mais...
(Gregers entre par la porte du palier.) GREGERS
Eh bien? Avez-vous trouvé sa trace?
GINA
Il paraît qu'il est en bas chez Relling, dit-on.