‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 98 sur 300 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

(EUe va dans la cuisine.)

HJALMAR, lui crie.

Oh ! c'est inutile ; je peux si bien manger le pain sec.

GIN A, apportant un beurrier.

Voilà ; il paraît qu'il est tout frais.

(Elle lui verse une seconde tasse de café ; il s'assied sur le canapé , étale plus de beurre sur la tartine , mange et boit quelque temps en silence.)

HJALMAR

Pourrais-je, sans être importuné par personne... absolument par personne,... demeurer là dans le salon un jour ou deux?

GINA

Oui, tu le pourrais très bien, si tu voulais.

HJALMAR

Car je ne vois pas la possibilité d’emporter toutes les affaires de père tellement vite.

GINA

Et puis il y a encore ça qu’il faudra bien d’abord lui dire que tu ne veux plus vivre avec nous.

HJALMAR, repoussant sa tasse de café.

Cela aussi, oui;... obligé de revenir sur ces histoires embrouillées... Il me faut aviser; il me faut le temps de souffler ; je ne peux pas porter toutes les charges en un seul jour.

GINA

Non, surtout par un aussi vilain temps qu’aujourd’hui.

HJALMAR, déplaçant la lettre du négociant Werle.

Je vois que ce papier traîne encore là.

GINA

Je n'y ai pas touché.

HJALMAR

Ce bout de papier ne me regarde pas...

GINA

Oh ! je ne pense certes pas à m'en servir.

HJALMAR

... mais ce n'est tout de même pas une raison pour qu'il aille à vau l'eau;... dans tout le désordre du déménagement, il pourrait arriver...

GINA

J'y ferai attention, Ekdal.

HJALMAR

La lettre de donation appartient à père avant tout ; et c'est père que cela regarde, s'il veut s'en servir.

GINA, avec un soupir.

Oui, le pauvre vieux père...

HJALMAR

Pour plus de sûreté... Où trouverai-je de la colle?

GINA, allant à la bibliothèque.

Voilà le pot de colle.

Et puis un pinceau.

GINA

Le pinceau est là aussi.

(Elle lui apporte les objets.)

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