‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 11 sur 100 · SUR LE BAL DE LEITEL PE YÎLLE · texte numérisé non relu

SUR LE BAL DE LEITEL PE YÎLLE

Ainsi rb«!»tel Je lille ill'im&? çi:!i fjùte.

Le prince et ks (Lunii'^ntax* ioai j brille, et b f?5e

Ce soir Ta resplen«lir sur ee eomtîe èclAÎrè*

Comme Fîdée au front da poète sacre.

Mais cette fêle, amis, n'est f«A> une pensée.

Ce n'est pas d'un ban^^et que la France est pressêt^

Et ce n*est pas un bal qu'il faut, en vérité,

A ce tas de douleurs qu*on nomme la cité!

Paissants ! nous ferions mieux de panser quelque plaie Dont le sage rêveur à cette heure s*elfraie, D'étayer Tescalier qui d*en bas monte en haut, D*agrandir Tatelier, d'amoindrir Téchafaud,

De songer aux enfants qui sont sans pain dans l'ombre, De rendre un paradis au pauvre impie et sombre, Que d'allumer un lustre et de tenir la nuit Quelques fous éveillés autour d'un peu de bruit !

0 reines de nos toits, femmes chastes et saintes,

Fleurs qui de nos maisons parfumez les enceintes,

Vous à qui le bonheur conseille la vertu,

Vous qui contre le mal n'avez pas combattu,

À qui jamais la faim, empoisonneuse infâme,

N'a dit : Vends-moi ton corps, — c'est-à-dire votre âme!

Vous dont le cœur de joie et d'innocence est plein.

Dont la pudeur a plus d'enveloppes de lin

Que n'en avait Isis, la déesse voilée.

Cette fête est pour vous comme une aube étoilée !

Vous riez d'y courir tandis qu'on souffre ailleurs !

C'est que votre belle âme ignore les douleurs ;

Le hasard vous posa dans la sphère suprême ;

Vous vivez, vous brillez, vous ne voyez pas même,

Tant vos yeux éblouis de rayons sont noyés.

Ce qu'au-dessous de vous dans l'ombre on foule aux pieds!

Oui, c'est ainsi. — Le prince, et le riche, et le monde Cherche à vous réjouir, vous pour qui tout abonde. Vous avez la beauté, vous avez l'ornement ; La fêle vous enivre à son bourdonnement, Et, comme à la lumière un papillon de soie. Vous volez à la porte ouverte qui flamboie !

SLR LE BAL DE L'HOTEL DE VILLE. rj

Vdiiï allez à ce bal, et vous ne songez pas (,1iu' pamii ces passants amassés sur vos pas, En foiile émerveillés des chars et dos livrées, D'aiilres femmes sont là, non moins que vous parée-, Qu'on farde et qu'on expose à vendre au carrefour: Spt'dres où saigne encor la place de l'amour; C/mme vou< pour le bal, belles et demi-nues; pour TOu« voir au passage, hélas 1 exprès venuo-. Vuilanl leur deuil affreux d'un sourire moqueur, le; Qeurs au front, la boue aui pieds, la haine au i:^eur!

0 Dîen! si tous avez la France sous vos ailcK, Nr f^oSret pas. Seigneur, ces luttes élerncllox. Ce* tritoes qu'on élève et qu'on brise en courant. Ces triE^les Ill>erté$ qu'on donne et qu'on reprend, Ce HUIT l':'rTeDt de lois, de passions, d'idées, yi !r;itii^ *:ttr les mœurs ses vaguei» délKjrdée», O* t-uiuD* '-j-î-Cf^^nt, lorsqu'on les réunit, ru- ci«L-.t ô* l'Mrt aux abus de granit, 'j-s fia et ^*< r?f ax de Tonde contre l'ond*;, 'j-.'U'- ruï-r*. t:'..,>arï plus sombre et plus prof'WJ' I*^- pa-ip- ijt :''':T;.ir, da p'>uToir aur — '■• l-ï'.-^i n &« rriiis qui roupe les j I. iKDi— ■ — * rï:=»^-:L-=, re* çL^^», /-es ci '■«^ '^•^nc^ kE'^t:x ^'Vc'bj^^* d&nt

Qui font que le tumulte et la haine et le bruit Emplissent les discours, et qu on entend, la nuit, A l'heure où le sommeil veut des moments tranquilles, Les lourds canons rouler sur le pavé des villes !

30 août 1832.

Ylll

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